Reporters : Comme l’APAB l’avait demandé il y a un mois, le ministère du Commerce a procédé hier à la levée de la suspension provisoire à l’importation de certains intrants nécessaires à la production de plusieurs produits alimentaires, à l’instar des jus et boissons. Qu’en pensez-vous ?

Ali Hamani : Nous remercions les responsables de nous avoir écoutés et d’avoir pris en considération l’appel de notre association. Il s’agit d’une mesure à saluer dans puisqu’elle permet de soulager des producteurs qui vont pouvoir envisager l’avenir immédiat avec sérénité et poursuivre normalement leur activité. La perspective du ramadan nous inquiétait beaucoup, parce que c’est un mois où la consommation de nos produits connait un pic et permet pour beaucoup d’entre nous d’améliorer leur chiffre d’affaires. Le risque d’un arrêt ou d’un ralentissement de la production à cette période est une menace pour les emplois dans le secteur. Nous sommes maintenant d’autant plus rassurés que les éléments dont disposent aujourd’hui nos décideurs devraient conduire à un recentrage du débat sur le commerce extérieur et les importations.

Y a-t-il selon vous une nécessité de débattre à nouveau de la question des importations alors qu’elle est inscrite et réglée, semble-t-il, dans le cadre global de lutte contre la crise qui menace actuellement les fondamentaux de l’économie algérienne ?

La levée de l’interdiction imposée à l’importation des intrants confirme que nous avions raison et que notre diagnostic du terrain reposait sur des données vérifiables. La production locale des arômes, avions-nous prévenu, n’est pas encore en mesure de satisfaire les besoins du marché ni en qualité ni en quantité. Si à un moment on a pensé le contraire, c’est parce qu’il n’y a pas eu justement de débat et de concertation. Or, sans discussion ni échange, c’est-à-dire sans remontée de l’information, il n’est pas possible d’avancer dans la bonne direction. Donc, oui, le débat est recommandé et est même nécessaire. Ce ne sont pas les points et les dossiers qui manquent et ils nécessitent une meilleure régulation.

Lesquels ?
J’en citerai le plus sensible en ce qui concerne notre association : celui posé par l’instruction du 22 octobre 2017 de la Banque d’Algérie, qui fixe les nouvelles conditions de domiciliation des opérations d’importation des biens destinés à la revente en l’état.  Ces nouvelles dispositions exigent, entre autres, de constituer une provision financière préalable couvrant 120% du montant de l’importation, au moment de la domiciliation, devant intervenir au moins 30 jours avant l’expédition des marchandises. On considère qu’elles sont injustifiées et alourdissent nos opérations.