C’est à l’université Alger 1, Benyoucef-Benkhedda, que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, a donné le coup d’envoi de l’opération d’auto-évaluation des universités algériennes.

Assurée par des experts, cette action sera axée sur l’aspect pédagogique, administratif et la recherche scientifique au sein des universités algériennes en vue d’améliorer leurs prestations. « Cette opération s’étalera dans un premier temps sur une durée de six mois. Par la suite, nous entrerons dans la phase de l’application de l’ensemble des recommandations, car il s’agit d’aller vers une université de qualité », a fait savoir le ministre. Il a également fait part de la prochaine création d’une agence nationale d’assurance de qualité qui veillera sur l’excellence des prestations des universités algériennes.
« Cela existe partout dans le monde et je ne comprends pas pourquoi cela n’est le cas en Algérie », s’est interrogé le ministre, qui a affirmé que cette agence sera indépendante de son ministère et cela en vue de préserver sa crédibilité. Reconnaissant le malaise dont souffre l’université algérienne, le ministre a accusé les gestionnaires de ces hauts lieux du savoir. «Nous sommes conscients qu’ils y a certains dysfonctionnements mais cela est le résultat d’une mauvaise gestion et non pas de manque de moyens », a affirmé Hadjar, qui a nié une quelconque austérité dans les dépenses relatives aux universités.
Concernant les mouvements de protestation initiés par les étudiants en pharmacie, en architecture suivis par ceux d’autres spécialités, le ministre a dressé la thèse du complot. « Il n’est pas normal que les étudiants entament en même temps des grèves. Ils ont été manipulés pour semer la zizanie en ces temps délicats », a fait savoir le ministre. S’agissant des revendications, Hadjar les a tout simplement jugées « inacceptables ». « Ce ne sont pas des revendications à la hauteur des étudiants, certes il y a certaines demandes que nous avons déjà pensé à régler avant même le lancement de cette grève, mais il y a des revendications qui n’ont pas lieu d’être car elles ont déjà été prises en charge. Les étudiants ne peuvent demander l’accès à un concours qui est déjà ouvert, c’est le cas du mastère pour certaines spécialités», a-t-il ajouté. Interrogé sur le taux de chômage important et qui touche la plupart des jeunes diplômés, le ministre a rejeté toute responsabilité de la part des universités algériennes. « Ce n’est pas à l’université d’assurer au jeune diplômé un emploi. Nous sommes tenus de lui assurer une bonne formation », a fait savoir Hadjar.