Vivre des instants de gloire du passé fait encourir des risques. L’équipe nationale l’a, malheureusement, appris à ses dépens. A trop se reposer sur l’acquis de 2014 et cette Coupe du monde sensationnelle réalisée par les poulains de Vahid Halilhodzic à l’époque, les « Verts » n’ont pas pu vivre pleinement les échéances importantes qui ont suivi le rendez-vous brésilien. 

Toujours un statut de grand d’Afrique que lui ont conféré le parcours lors du tournoi universel ainsi que les joueurs que renferment l’effectif. Jamais à l’aise avec ce costume, les « Fennecs » ont balbutié leur football au fil des mois. Notamment après le départ de Christian Gourcuff. Un jeu complètement dénaturé, des écarts de discipline et les caprices de jeunes gâtés et trop protégés, le «Club Algérie » est devenu proie aux rififis et à l’ambiance morose lui valant les critiques de la presse et ses rumeurs déstabilisantes. Si les joueurs vivent bien entre eux, les éléments extérieurs peuvent les déranger parfois comme ce fut le cas avec le technicien Milovan Rajevac devenu très vite indésirable. Le faux pas (nul concédé à Tchaker) en ouverture des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 n’a fait qu’empirer les choses. A cet instant, la descente a commencé. S’en est suivie la défaite 3 buts à 1 à Uyo contre le Nigeria, lors de la seconde journée de l’épreuve qualificative pour le Mondial, ainsi que cette Coupe d’Afrique des nations 2017 complètement ratée. Les derniers soupçons de la réputation ont été balayés par des performances indignes si l’on se fie au profil sur le papier. L’on se rend compte que, aujourd’hui, l’Algérie a des individualités, mais pas d’équipe. Si les Dz sont, a priori, complices en dehors du terrain, sur l’aire de jeu, l’osmose n’y est pas. On ne peut pas dire que le groupe n’est pas solidaire ou qu’il n’a pas essayé de faire de son mieux. Mais dans le football moderne, l’envie, à elle seule, ne peut pas suffire.
Désormais, c’est le temps de se remettre en question. Et les délais sont très courts avant la reprise des choses sérieuses. « C’est une élimination amère. Nous avons des regrets par rapport au premier match face au Zimbabwe (2-2) qui nous a porté préjudice, mais aussi face à la Tunisie. Maintenant, il faut penser à l’avenir et la nécessité de se relever. Un seul mot d’ordre : continuer à se battre», a estimé Adlène Guedioura. L’« avenir » et « se battre », sont les deux mots qui ressortent de cette déclaration. Exceptée la date Fifa en mars prochain qui sera exploitée pour organiser une ou deux joutes amicales, le véritable test de convalescence sera le 13 juin prochain à domicile face au Togo pour le compte des éliminatoires de la CAN 2019. La suite sera les 4 matchs restants dans le casting pour le Mondial russe où « El-Khadra » est très mal placée avec 1 point au compteur qui lui vaut la dernière place du groupe «B ». La reprise de ce périple sera contre la Zambie en déplacement (23 août) avant d’enchainer avec le match retour en Algérie (2 septembre). Le carton plein est indispensable pour se relancer avant de se rendre au Cameroun (2 octobre) et recevoir le Nigeria (6 novembre).
On ne sait pas quel sera le dénouement de ces quatre examens à venir pour une éventuelle 3e participation de suite à la fête quadriennale du football. L’actuel état de santé d’Islam
Slimani & cie laisse présager le pire. Espérons que le temps aura la vertu de  guérir.