Avant, les Pyramides de Gizeh étaient la seule merveille d’Egypte. Depuis dimanche, on peut – officiellement – y ajouter Mohamed Salah Ghaly sacré « PFA Player of the year » qui consacre le meilleur joueur en Angleterre. L’Egyptien s’est imposé devant deux autres talentueux joueurs, Kevin De Bruyne et Harry Kane en l’occurrence.

Figurez-vous que même le titre de champion remporté par Kevin De Bruyne avec Manchester City ne lui a pas suffi pour convaincre les joueurs et journalistes de son mérite de succéder à N’Golo Kanté. Son entraîneur Pep Guardiola était même frustré de ne pas voir son poulain gagner. « Vous connaissez mon opinion sur cette récompense.
Selon moi, quand vous analysez dix mois de compétition, il n’y a pas d’autres joueurs meilleurs que lui (ndlr Kevin De Bruyne) en termes de continuité », a contesté le driver des Citizens qui déplore le fait que les chiffres, qui sont géniaux d’ailleurs, de Salah avaient pesé sur les votes. « Je suis désolé, mais peut-être qu’au niveau des chiffres, il y a des gars plus forts que lui, mais il n’y a pas meilleur joueur de la saison que lui. Pour moi, c’était le meilleur. J’aimerais qu’il sente qu’il le mérite. Mais cet été, quand il rentrera chez lui, il le fera en étant champion », justifie l’ancien coach du Barça et du Bayern.

Pas volé du tout !
Cette réaction n’est pas vraiment « fair-play » de la part de l’ancien milieu de terrain du FC Barcelone. D’autant plus que le numéro 10 de l’équipe nationale d’Egypte n’a pas volé son sacre. Ses qualités de footballeur ne peuvent pas être sujettes à contestations. Toutes compétitions confondues, le meilleur joueur africain 2017 a planté 41 buts et délivré 11 passes décisives avec Liverpool en 43 apparitions. En championnat, il en est à 31 réalisations à 3 journées de l’épilogue de la compétition. Samedi, il avait égalé le record de buts sur une saison depuis l’avènement de la Premier League à 20 équipes. Une référence détenue par trois joueurs, et non des moindres, à savoir Alan Shearer, Cristiano Ronaldo et Luis Suarez.
Cette récompense individuelle intervient au moment où le « Red » s’apprête à dépasser ce trio magique pour devenir le baroudeur par excellence sur un exercice de l’un des plus prestigieux championnats européens.
Celui qui compte 57 capes pour (tenez-vous bien) 33 banderilles en sélection pourrait même aller chercher la référence d’Alan Shearer (1994/1995) et Andy Cole (1993/1994) et leurs 34 pions dans une Premier League à 22 clubs et 42 journées. Rien que ça.

Il imite Riyad Mahrez
Avec ce triomphe en solo, le pur produit de la franchise égyptienne Arab Contractors SC devient le deuxième africain à ajouter son nom au palmarès très fermé du PFA player of the year. L’international algérien, Riyad Mahrez, l’a précédé il y a deux ans. Néanmoins, il y a lieu de souligner que Salah est l’unique footballeur issu d’une école de formation de notre continent à avoir pu réaliser un tel exploit étant donné que Mahrez a été formé en France (Havre AC).
On notera aussi que des joueurs bourrés de talents comme Didier Drogba n’ont pas pu avoir l’honneur d’être décoré à ce niveau. D’ailleurs, comme un symbole, Salah l’avait effacé des tablettes en devenant le seul Africain à atteindre la barre des 30 buts en une saison de Premier League. L’Ivoirien avait trouvé la faille à 29 reprises lorsqu’il était au sommet de son art. C’est juste pour situer la performance et le prestige d’un Mohamed Salah Ghaly vraiment, mais vraiment, précieux.
Il sera, d’ailleurs, l’un des joueurs à surveiller lors de la Coupe du monde 2018 en Russie. Avant cela, il aura une demi-finale de Champions League à jouer face à l’AS Rome, le dernier club où il a évolué avant de rejoindre La formation Liverpouldienne l’été dernier pour 42 millions d’euros. Lui dont le premier transfert vers le FC Bâle a été estimé 2.5 millions d’euros. Depuis, il en a fait du chemin. Sa valeur marchande a explosé puisqu’il est, désormais, évalué à 250 millions d’euros. Quelle ascension fulgurante !