Noureddine Bouterfa, a fait part, jeudi dernier, de l’intention de son département de lancer, au plus tard fin janvier, un avis d’appel d’offres destiné à sélectionner les profils d’entreprises, algériennes ou étrangères, voire les deux en même temps, capables de produire 4 000 mégawatts d’électricité générée à partir du solaire.

Le deal est que les futurs contractants assurent le montage local des équipements industriels de production et de distribution des énergies renouvelables, à leur tête les panneaux photovoltaïques. Rien d’extraordinaire, donc ? Pas du tout.
Jusqu’à il n’y pas très longtemps, le ministre de l’Energie était classé dans la rubrique des grands adeptes du « fossile ». Quand il était à la tête de Sonelgaz, il trouvait que le recours au renouvelable revenait trop cher au pays et que le temps de sortir du pétrole et du gaz surtout, c’était son métier à l’époque, n’était pas encore totalement venu.
L’annonce par son département d’un appel d’offres aussi important pour l’investissement dans le renouvelable semble signaler un changement d’attitude voire un tournant qui, du reste, est programmé depuis plusieurs années déjà. Il ne s’agit donc pas seulement d’une initiative qui consiste en la recherche de nouveaux débouchés industriels dans le solaire par exemple, en ces temps d’incertitude pour les prix des produits énergétiques comme le pétrole, mais d’une vision et d’une réponse à l’épuisement annoncé des réserves nationales en hydrocarbures.
En outre, il s’agit de trouver une réponse d’avenir à un problème immédiat : en 40 ans, la consommation énergétique nationale a explosé de 969%, un record qui impose à tout énergéticien censé aller vers la ressource inépuisable, pour préserver ce qui reste du fossile et valoriser ce qui peut être demain exporté vers des marchés potentiellement porteurs comme ceux de l’Union européenne.
Pour l’instant, quelques centrales sont parsemées dans les régions du sud de l’Algérie, gorgée de soleil à longueur d’année : une centrale solaire photovoltaïque pilote de 1,1 MW à Ghardaïa et une centrale éolienne de 10 MW à Adrar ont été mises en place en 2014, mais aussi une autre, hybride solaire-gaz, de 150 MW à Hassi R’mel.
En projet, 4 centrales électriques solaires d’une capacité globale de 85 mégawatts répartis sur les wilayas de Saïda (30 mégawatts), Naâma (20 mégawatts), El Bayadh (23 mégawatts) et Sidi Bel Abbès (12 mégawatts) sont au programme.
C’est encore loin des 22 000 mégawatts d’énergie tirés du soleil et prévus par le Plan national de développement des énergies renouvelables adopté en 2011, un niveau que les pouvoirs publics se sont engagés à atteindre d’ici à 2030. Mais, comme dit l’adage, chassez le naturel, il revient
au galop.