Au FLN, c’est la bousculade pour le dépôt des candidatures aux prochaines législatives ! Selon le secrétaire général du parti, ils sont plus de 6 000 à avoir «posté» leurs dossiers dans l’espoir d’un ticket de participation au scrutin du 4 mai prochain avant celui d’une entrée à l’Assemblée populaire nationale. D’anciens ministres sont de la partie, selon Djamel Ould Abbès, et des rumeurs persistances (qui ne concernent pas uniquement le FLN) évoquent un très probable engagement dans la course de responsables dans l’actuel gouvernement Sellal. 

On ignore si cet engouement pour les prochaines législatives au sein des troupes du FLN a déjà eu son pareil dans le passé, mais il renseigne déjà assez bien sur deux points
importants : primo : l’appétit grandissime des militants et cadres du parti pour la députation, plus que jamais synonyme de prestige politique et social même si l’action parlementaire dans notre pays n’a jamais été aussi critiquée que durant les mois et les années écoulées ; secundo : la difficulté, dans ce parti, d’être dans l’opposition et la dissidence ou dans la simple discordance même. Le trop-plein de candidatures annoncé par le secrétaire général du Front, hier, n’est pas seulement significatif d’une ambition et d’une gourmandise pour la chose parlementaire, ses attributs et ses avantages. Il n’est pas uniquement symbolique du réservoir électoral dont cette formation semble encore disposer alors que beaucoup ont souhaité la voir rejoindre le musée de l’histoire révolutionnaire et anticoloniale de l’Algérie. Il est surtout caractéristique du contrôle qu’exercent désormais sur ses instances son actuel patron ainsi que son équipe dirigeante. La prestation de Djamel Ould Abbès, hier, a été celle d’un chef dont le parti aura effacé tout souvenir d’un quelconque «redressement » ou d’une quelconque dysharmonie au sein de l’appareil dirigeant. Où sont passés les Belayat et les Belkhadem ? La question mérite débat comme le FLN mérite une véritable enquête et analyse pour savoir qui remplit aujourd’hui le formidable réservoir électoral dont s’est vanté hier M. Ould Abbès. La certitude, pour l’instant, est que sa déclaration que son parti fera campagne pour être majoritaire dans la prochaine Assemblée a fait mouche.