En froid depuis 2002, la glace ne fondra pas de sitôt entre le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua, et Rabah Madjer. Souvenez-vous,  quelques jours après la rencontre amicale entre la Belgique et l’Algérie (0-0), jouée à Bruxelles le 14 mai 2002, l’inventeur de la talonnade en or déchire le contrat de sélectionneur qui le liait à l’instance footballistique en direct à la Télévision nationale. Depuis, les deux hommes ne se sont plus adressé la parole. «El-Hadj» a initié une tentative de réconciliation derrière une cérémonie en l’honneur des anciens. Et elle s’est avérée vaine.

«Je ne pourrai pas honorer l’invitation car mon agenda ne me le permet pas. J’aurais préféré recevoir l’invitation plus tôt. C’est vrai qu’on m’a appelé au téléphone pour me convier mais je n’ai lu ça qu’hier dans les journaux.» C’est ainsi que Rabah Madjer a expliqué, préalablement sur le plateau de l’émission «El-Fariq Douali» d’El-Heddaf TV, sa non-présence lors du cérémonial organisé hier au Centre Technique national (CTN). Tous les joueurs de l’Equipe nationale qui ont été sacrés en 1990 lors de la CAN algérienne y étaient conviés pour rendre hommage à l’ancien entraîneur des Verts : le regretté  Abdelhamid Kermali. Le technicien était le grand artisan du sacre continental puisqu’il était aux rênes de la barre technique à l’époque. L’absence de Madjer était donc la plus marquante. C’était le réel enjeu de ce mini-gala duquel l’actuel patron de la FAF, qui devrait se représenter pour un nouveau mandat à la tête de la structure footballistique du pays, voulait profiter pour (re)gagner la confiance des anciens internationaux. Beaucoup de ces derniers ne l’épargnent, souvent, pas des critiques en dénonçant sa gestion et leur exclusion de la famille qui gère la balle ronde algérienne.  Visage fermé, ton un peu haussé et sérieux, l’expression faciale de Madjer l’a trahi lorsqu’il a été questionné « est-ce que oui ou non » il sera de la fête ? S’il a voulu se montrer diplomate et fin communicateur pour expliquer l’impossibilité de se rendre à Sidi Moussa, l’ancien et légendaire joueur du FC Porto ne semblait pas réjoui de la démarche de Raouraoua qui lui a tendu la main pour repartir du bon pied. L’argument du carnet «overbooké» n’est qu’une feinte pour décliner cette sollicitation sachant que le concerné est, quasi-quotidiennement, présent sur le plateau des émissions d’ «El-Heddaf».   Une fois de plus, l’occasion était belle pour débuter une nouvelle page dans l’intérêt de la balle ronde Dz ayant plus que jamais besoin d’une famille unie et soudée. Ce qui est regrettable, c’est que c’est les intentions personnelles qui semblent primer, dans les deux camps d’ailleurs, au détriment de l’intérêt propre à la discipline en Algérie. Pas de quoi dégivrer la relation entre les deux hommes. On se rend compte que l’échange par médias interposés est la nouvelle arme. Se dire les choses en face et remettre les compteurs à zéro n’aurait fait de mal à personne.  En tout cas, Madjer ne sera certainement pas un allié de Raouraoua pour la très probable compagne élective qu’il mènera pour un troisième bail à la file dans la bâtisse de Dely Brahim.