Aujourd’hui à Palerme se réuniront autour de la même table les principaux protagonistes en Libye. Et aussi les acteurs indirects comme les pays voisins et autres puissances concernées par la situation dans ce pays. L’Algérie, qui considère que les Libyens peuvent résoudre par eux-mêmes leurs différends et s’installer sérieusement dans une mise en œuvre de l’accord politique en gestation, devrait réitérer son approche.

En effet pour Alger, le retour de ce pays en difficulté vers la voie du dialogue et de la réconciliation nationale ainsi que l’accélération du processus du retour de la paix et de la stabilité en Libye sont possibles, voire inévitables. La diplomatie algérienne n’avait de cesse de réitérer sa position sur cette question d’importance : continuer à soutenir toutes les parties libyennes dans le cadre du dialogue global et de la réconciliation nationale. Alger, qui participe aux différentes réunions des pays voisins de la Libye et aux rencontres tripartites conforte, irrémédiablement, le postulat selon lequel les voisins directs sont plus à même de comprendre, voire aider à résoudre l’imbroglio libyen. Rejetant systématiquement l’intervention étrangère, l’Algérie a à maintes reprises, réitéré cette posture invariable depuis le début du conflit en 2011. Et cette position de l’Algérie trouve écho du côté des Nation unies. L’émissaire du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, travaille pour la tenue d’élections générales, toujours difficiles à mettre en place. Alger estime que la solution doit venir d’un dialogue entre Libyens et que le rôle de l’Algérie, qui soutient le représentant des Nations unies dans son effort, «est d’accompagner les Libyens dans la mise en œuvre de leurs propres volontés, sans ingérence». L’Algérie, qui contribue activement à la recherche d’une solution politique, a toujours prôné le dialogue inclusif dans ce pays déstabilisé comme « seule et unique option » pour parvenir à une solution politique à l’abri des ingérences étrangères. Parmi les objectifs recommandés : la simplification des institutions libyennes, le renforcement de la sécurité, l’unification des forces de sécurité libyennes, l’engagement à tenir les élections dans les meilleurs délais et la garantie de leur bon déroulement dans la transparence. La mise en route du processus de paix et de règlement de la crise libyenne devrait être enclenchée même si des appréhensions subsistent toujours sur les différents désaccords entre les acteurs sur le terrain.

Rapprocher les acteurs

Il est évident que l’avenir de la Libye constitue une question de la plus grande importance pour l’Algérie. Les frontières partagées entre les deux pays, près de 1 000 km, constituent un élément à risque constant. C’est pourquoi Alger n’a pas économisé ses efforts pour tenter de trouver une plateforme d’entente sur laquelle pourrait reposer le consensus d’une nouvelle Libye. L’on se rappelle la virée du ministre des Affaires étrangères en avril 2017 qui l’a mené dans plusieurs villes et régions libyennes où il a rencontré des personnalités locales. L’objectif était évidemment de mettre fin aux affrontements armés qui se sont étendus jusque dans le sud du pays et rapprocher les différents acteurs pour une solution politique, avant qu’une option plus dangereuse ne s’impose, celle de l’intervention étrangère. Le ministre des Affaires étrangères avait expliqué qu’il s’agit « d’accompagner les Libyens dans la mise en œuvre de leurs propres volontés, sans ingérence ». La solution doit venir d’un dialogue entre Libyens, « ce pays a suffisamment de compétences pour cela », n’a cessé de souligner Messahel. Ce dernier avait réaffirmé que la solution politique basée sur le dialogue national et la réconciliation entre toutes les parties libyennes, loin du choix militaire, demeurait bien le seul moyen pour la résolution de la crise qui secoue ce vaste pays d’Afrique du Nord depuis 2011. De fait la multiplication des initiatives pour la résolution de la crise pourrait impacter le processus de règlement et approfondir les divisions internes.
En effet, des initiatives directes mais aussi indirectes de certaines parties étrangères sont devenues actives depuis peu, des démarches qui peuvent plutôt compliquer toutes convergences des acteurs sur le plan interne. La Libye a basculé dans le désordre en 2011 sous l’effet d’une intervention étrangère qui a fait détruire le régime et fait assassiner le président Kadhafi. Aujourd’hui persistent des difficultés à entamer un rapprochement entre les principaux acteurs internes. Ce qui entrave les efforts pour une issue à la crise qui s’éternise. En attendant l’inévitable consensus.