On savait que le périmètre subsaharien n’est pas la zone de confort des sélections nord-africaines quand il s’agit de jouer au football. Un climat pesant, des températures suffocantes et une humidité insupportable, les corps peuvent ne pas suivre. Ils peuvent même lâcher. En tout cas, cette idée, guère préconçue et qui repose sur des statistiques fiables, a été confirmée à l’issue de la première journée dans le premier tour dans la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon). Aucune des équipes nationales issues de l’Afrique du Nord n’est parvenue à s’imposer. Pire encore, deux d’entre-elles, à savoir le Maroc et la Tunisie, ont été battues tandis que l’Egypte et l’Algérie se sont contenté du point du nul. On peut même penser que les Verts aient perdu deux précieux points parce qu’ils étaient confrontés à la «modeste» (sur papier seulement) formation du Zimbabwe. S’en est suivie la défaite des Tunisiens, dans le même groupe «B», contre les Sénégalais. Et ce n’était pas parce que les «Aigles de Carthage » n’ont pas survolé certains instants de la partie. Encore moins pas parce qu’ils étaient déplumés par les «Lions de la Téranga » qui ont, néanmoins, fait valoir leur réalisme froid pour tuer leur proie. Les montants, deux exactement, ont privé Youcef Msakni et consorts du point du nul au minimum dans la poule qualifiée de la plus relevée du tournoi. Idem pour les Marocains lundi qui ont été surpris par une RD Congo opportuniste qui a su concrétiser la seule véritable occasion de la partie pour prendre seule les commandes du quatuor « C ». Là aussi, les filets pouvaient trembler pour quelques centimètres sous les rugissements incessants des « Lions de l’Atlas » qui ont touché du bois à deux reprises. Grigri ou pas ? On ne peut rien affirmer mais il est utile de rappeler que Bensebaïni avait vu sa tête renvoyer par la transversale zimbabwéenne lorsque les Fennecs étaient menés 2 buts à 1 à plus d’une demi-heure de la fin des débats. La malédiction qui poursuit l’Afrique du Nord n’a pas été brisée. Même les « Pharaons » égyptiens et leur omnipotente réputation se sont heurtés à l’équation malienne qui ressemblait à un énigmatique plan de pyramide difficile à résoudre. Mohamed Salah et ses compères n’ont pas pu trouver la faille contre les Aigles du Mali (0-0) qui ont fait valoir leur talentueuse jeunesse. Se permettant même d’inquiéter, par certains moments, les septuples couronnés sur le plan continental. Parmi ses 7 consécrations, l’Egypte est la seule à pouvoir se targuer d’avoir triomphé en terres hostiles : Burkina Faso (1998), Ghana (2008) et Angola (2010). On a envie de dire que c’est normal quand on a un palmarès pharaonèsque. En tout cas, la compétition ne vient que de commencer, et, en football, la réalité d’hier ou d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain.