Les ravisseurs et autres auteurs de kidnappings d’enfants ciblent plus les filles que les garçons. En effet, 60 % des otages sont de sexe féminin et 80 % des cas de rapts enregistrés sont motivés pour des raisons sexuelles, ont révélé, hier, des experts de l’Institut de criminologie et de criminalistique (INCC), lors d’un séminaire national organisé par la Gendarmerie nationale (GN) sur le thème «L’enlèvement des enfants en Algérie».

Le rapport de l’Institut souligne qu’il a été enregistré 23 kidnappings en 2016, dont 16 otages étaient des filles, dont l’âge est de moins de 18 ans. Quant aux garçons, le rapport a précisé qu’ils sont au nombre de 7 et ils sont âgés de moins de 10 ans. Pour ce qui est des motifs des ravisseurs, le rapport indique que 17 victimes ont été enlevées pour des motifs purement sexuels, alors que 2 cas d’enlèvement sont liés à la vengeance, 2 pour sorcellerie et 2 autres pour une demande de rançon.
Il a été relevé qu’aucun cas d’enlèvement n’est lié au trafic d’organe en Algérie. Abordant les auteurs, les experts ont indiqué que 23 auteurs étaient célibataires, 9 cas sont des hommes mariés et un cas le fait d’un homme divorcé. Côtés précédents judiciaires, les auteurs sont minoritairement des repris de justice, puisque seulement 9 cas de rapts sont l’œuvre de repris de justice, alors que 22 autres cas ont été commis par « des gens sans histoires».
Sur le volet mode opératoire, l’étude a souligné que dans 21 cas d’enlèvements, les auteurs ont violenté leurs victimes et que ces dernières ont été retrouvées en « état de choc ».
Concernant les auteurs, la même étude a souligné que lors de l’identification des responsables de ces rapts, il a été confirmé que la majorité des ravisseurs étaient « des voisins » des victimes, des amis et proches de la famille, sans compter des cas spécifiques liés aux relations sexuelles entre les parents de l’otage et le ravisseur. La même étude analytique relève que les femmes sont impliquées dans 62 % des cas d’enlèvements, alors que 47 % des otages ont subi des brutalités en tous genres, notamment des violences sexuelles.
Lors du séminaire, les responsables de la Gendarmerie ont indiqué que 17 cas d’enlèvement en 2016 ont été élucidés, alors que 6 autres cas font l’objet d’enquêtes judiciaires en cours.
Menad Nouba, général-major et premier responsable de la Gendarmerie, a souligné que « grâce à l’arsenal juridique et aux dispositifs pris par les pouvoirs publics, notamment le Plan national contre les enlèvements, les services de sécurité ont resserré l’étau sur les ravisseurs, comme ils ont réduit sensiblement les tentatives de kidnapping », avant de revenir sur l’expérience de l’Algérie dans la gestion de ce phénomène. «L’enfance constitue la frange la plus vulnérable dans la société», a-t-il dit, ajoutant qu’à l’heure actuelle, «nous poursuivons la généralisation des brigades des mineurs à travers les 48 wilayas». Il a expliqué que les efforts consentis afin de mettre un terme à ce crime qui cible les enfants visent à «créer un environnement de quiétude pour l’enfant qui jouit d’un statut exceptionnel dans la société ». Pour le représentant de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), Samir Chanaf, « la DGSN a mobilisé 50 brigades des mineurs, dont 3 dans le Grand-Alger, pour protéger l’enfant contre tous les dangers, notamment le kidnapping.
Le plan national de la DGSN consiste à développer une proximité avec tous les acteurs de la société civile, comme il a développé de nouvelles techniques d’investigation dans le cadre des kidnappings des enfants».