La Direction de la santé publique de Khenchela a ordonné, mercredi dernier, l’ouverture d’une enquête administrative pour déterminer les circonstances du décès d’une aide-soignante dimanche dernier des suites de la Covid-19.

«La DSP de Khenchela ouvre une enquête afin de déterminer les circonstances du décès l’aide-soignante et dépêche une commission spécialisée pour situer les responsabilités et prendre les décisions adéquates», annonce la DSP de Khenchela dans un communiqué rendu public. La victime, âgée de 28 ans, enceinte de 7 mois, exerçait à l’EPH Chechar de Khenchela, et à laquelle le directeur de l’hôpital «aurait refusé» des demandes de congé exceptionnel, ont indiqué ses collègues.
Son décès a, en effet, provoqué un vif émoi et un tollé sur les réseaux sociaux, comme dans l’établissement de santé où elle exerçait, d’autant que la jeune paramédicale était «prioritaire pour bénéficier d’un congé exceptionnel», conformément aux instructions du département de Abderrahmane Benbouzid. Raison pour laquelle, au cours de la journée de mecredi, les paramédicaux de l’hôpital Saadi-Maamar à Chechar ont déposé une démission collective en signe de protestation contre les «agissements et le dénigrement» dont ils font l’objet par le directeur de cet établissement de santé, rapporte le Syndicat national des aides-soignants (Snas).
Dans leur demande de démission collective, les paramédicaux de cet hôpital dénoncent «une oppression» de la part de leur directeur envers leur collègue décédée. «Notre collègue était victime de marginalisation et d’arbitraire de la part de ce responsable qui lui a refusé plusieurs demandes de congé exceptionnel», lit-on dans la demande de démission.
Les paramédicaux, au nombre de 77 signataires, ont organisé plusieurs sit-in de protestation depuis le décès de leur collègue en demandant des comptes au directeur de l’EPH. Or, le responsable de l’hôpital Saadi-Maamar à Chechar leur aurait dit «de démissionner». Les paramédicaux de Chechar reprochent au directeur de l’EPH de se «comporter comme si l’hôpital était sa propriété». «Le directeur nous a lancé ‘je suis le directeur de cet établissement et je ne bougerai pas d’ici’», ajoute la même source.
Face à ce «dénigrement, nous nous sommes décidés à déposer une démission collective pour qu’il reste tout seul dans cet établissement», ont conclu les paramédicaux, affirmant «ne pas accepter l’humiliation».
Pour rappel, le 22 juillet dernier, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid a dévoilé des chiffres importants sur les cas de décès et de contamination au sein du personnel de la santé depuis l’apparition de l’épidémie en Algérie. M. Benbouzid a fait état de plus de 2 300 cas.
Le ministère de tutelle a décidé en juin dernier, en raison de la situation épidémiologique actuelle, d’accorder un congé exceptionnel au «personnel prodiguant des soins et en contact permanent avec les patients, notamment les femmes enceintes au troisième trimestre et les personnes atteinte de maladies chroniques». Cette décision a été prise, pour rappel, au lendemain du tragique décès d’une femme médecin enceinte de 8 mois au niveau de l’hôpital de Ras El Oued dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. <