Propos recueillis PAR MILINA KOUACI

Reporters : Comment évaluez-vous le premier jour de grève ?
Khaled Keddad : La grève est intervenue à la veille des fêtes de l’Aïd. Et au vu des conditions et du contexte général, la participation est satisfaisante dans les différents secteurs. Pour notre corporation, le taux de suivi est estimé à 65 %. Les syndicats signataires du communiqué du 16 avril se réuniront ultérieurement pour évaluer la grève et arrêter un plan d’action à suivre.

Quel effet a eu la mise en garde du ministère du Travail sur ce débrayage ?
Aucun. Le ministère du Travail n’a pas fait recours à la justice pour décréter notre mouvement de grève illégal. Le ministère a réagi dans un communiqué dans lequel il déclare la grève illégale, en sous-prétextant que les Syndicats algériens du secteur de la Fonction publique (SASFP) n’est pas une organisation syndicale reconnue au sens des dispositions de la loi n 90-14 et, que la CSA n’a pas eu son récépissé d’enregistrement de sa déclaration de constitution lui permettant d’activer légalement et ce, pour non-conformité du dossier aux dispositions de la loi n 90-14 du 02 juin 1990, alors que chacun des syndicats a déposé son préavis de grève individuellement. Ajoutons que depuis la promulgation de la loi 90/14 régissant les relations de travail et l’exercice syndical, aucune grève n’a été considérée comme légale. Notre mouvement se fait dans le respect des dispositions législatives et règlementaires régissant l’exercice syndical.

Le Président a annoncé des augmentations de salaires début janvier 2023…
Nous prenons acte. La réaction de Tebboune est importante. Cela démontre que le président de la République est convaincu que la récente augmentation salariale et la baisse de l’IRG ne sont pas suffisantes et n’ont pas amélioré le pouvoir d’achat des travailleurs. Sauf que nous n’avons pas de garantie, le président a signifié que la prochaine augmentation de salaire est tributaire des résultats des recettes nationales devant être réalisées à la fin de 2022. La chute du pouvoir d’achat conjuguée à l’explosion des prix des produits de large consommation a éreinté les travailleurs. Notre situation sociale ne tolère aucune tergiversation.
Les syndicats ont temporisé pendant plusieurs mois lorsque le gouvernement a annoncé la baisse de l’IRG et la révision de la valeur du point indiciaire. Les travailleurs croyaient dur comme fer que la situation allait s’améliorer, mais la nouvelle grille indiciaire a été décevante pour tous les travailleurs. Cette grève est une occasion de manifester le désappointement des travailleurs. Les travailleurs de la Fonction publique sont 2 700 000. Ils n’ont pas atteint les trois millions. L’Etat doit nous protéger et améliorer notre situation sociale.