Près de 8 000 personnes ont été arrêtées après une semaine d’émeutes marquées par une répression implacable au Kazakhstan, qui ont fait plusieurs dizaines de morts, a annoncé lundi le gouvernement. « Au 10 janvier, 7 989 individus sont détenus par les organes du ministère de l’Intérieur », a indiqué le ministère dans un communiqué publié sur le site du gouvernement. L’internet était de nouveau accessible après des jours de coupure à Almaty, la capitale économique de ce pays d’Asie centrale où les troubles ont été les plus violents. Le pays a marqué hier une journée de deuil national, alors que le bilan exact des violences reste inconnu, les autorités ayant fait état d’au moins plusieurs dizaines de morts et de plus d’un millier de blessés.
Un mouvement de contestation avait débuté le 2 janvier dans l’ouest du Kazakhstan dans la foulée d’une hausse drastique des prix du carburant. Les protestations ont dégénéré dans les jours suivant à Almaty en des émeutes chaotiques marquées par des échanges de tirs, le saccage de bâtiments publics et les pillages de commerces. Ces troubles, les pires depuis l’indépendance du Kazakhstan à la chute de l’URSS, il y a tout juste trente ans, ont conduit le Président du pays Kassym-Jomart Tokaïev à demander le soutien militaire de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), pilotée par Moscou. Pour de nombreux Kazakhs, le gouffre séparant l’élite au pouvoir, qui s’enrichit grâce à la manne des hydrocarbures et des minerais, et une population, qui s’appauvrit continuellement, est devenu intolérable.