Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a présidé hier à Alger une réunion des présidents de Cours, des procureurs généraux et des cadres de son département. L’intervention de Belkacem Zeghmati, à cette occasion, s’est déclinée en deux volets, politique et juridique.

Le premier a porté sur sa déclaration, presque en tant que médiateur entre les Algériens et son gouvernement, que l’action de la justice s’inspire aujourd’hui de la volonté populaire. «Le peuple demande sans cesse une justice indépendante en vertu des dispositions de la Constitution, un appareil judiciaire qui respecte les droits de l’Homme et garant de procès équitables, et d’une justice bâtie sur la légitimité et l’égalité censée protéger la société et les libertés dans le cadre des lois en vigueur », a déclaré M. Zeghmati.
« Le pays, a ajouté le ministre, vit depuis plus d’une année au rythme d’une dynamique inédite à travers laquelle la voix des Algériens s’élève pour réclamer la réforme des institutions de l’Etat, renforcer l’éthique de la vie publique de façon à mettre en place les balises d’un Etat démocratique garantissant les libertés et droits ».
«Les Algériens tiennent à la revendication d’une nouvelle Algérie, où nul citoyen n’est opprimé et les principes de citoyenneté sont consacrés. Une Algérie des droits de l’Homme au sein de laquelle la justice a la noble place qui lui sied », a-t-il poursuivi, considérant que « c’est le peuple qui lui a confié une lourde mission consistant en la consécration d’une justice indépendante, en particulier, et d’œuvrer à l’éthique de la vie publique de façon globale. Il nous a également confié la mission de mettre fin aux atteintes aux libertés et à (…) l’épuisement des ressources nationales » et du bien public.
« La justice poursuivra la lutte contre la corruption » et « nous poursuivrons cette démarche, d’autant que la justice a réalisé, en peu de temps, des acquis reconnus par tout un chacun », a-t-il encore souligné.
Le second volet juridique ou technique a porté sur l’engagement du garde des Sceaux à poursuivre en l’approfondissant « la réforme du système judiciaire tant en termes de ressources humaines, qu’en matière de modernisation de ses outils, de révision des textes juridiques régissant son fonctionnement et d’élaboration de nouvelles dispositions compatibles avec les exigences de l’époque et adaptées à l’évolution sociétale et aux nouvelles opérations et formes de criminalités ».
Pour une justice de « service public »
Le ministre a fait savoir que cette réunion visait à examiner les modalités pratiques pour l’amélioration de la qualité du fonctionnement de l’appareil judiciaire et le développement du secteur de la Justice comme « service public », a-t-il souligné, notamment dans son volet relatif à la facilitation de l’accès à la justice, outre l’évaluation de la situation de la modernisation de la justice, en prélude à la généralisation de la numérisation des procédures judiciaires.
Le garde des Sceaux a fait état, en outre, de mécanismes contribuant à l’amélioration de la qualité des jugements de justice « à travers l’examen du système de recrutement et de formation des magistrats et la révision de la carte judiciaire de façon à permettre une répartition rationnelle des ressources humaines qui prend en compte leur expérience et leur aptitude à briguer des postes de responsabilités ».
Il a mis l’accent sur l’impératif de « revoir » l’organisation, le fonctionnement et les prérogatives de certaines juridictions à même de garantir la réalisation de l’efficacité et la rationalisation des ressources financières au moment où nous en avons grand besoin.
La justice en Algérie, comme à l’extérieur, « fait face à des défis majeurs », car obligée de s’adapter aux exigences d’une époque dominée par les technologies de l’information et de la communication (TIC), a fait savoir le ministre de la Justice, affirmant que la solution aux multiples problèmes dont souffre le secteur « est tributaire de sa capacité à moderniser ses outils de gestion en vue d’améliorer la qualité du rendement et gagner du temps et de l’argent ».
Pour ce faire, il a été décidé, dans ce secteur, d’adopter le tout-numérique en tant qu’objectif sur lequel focalisent tous les efforts, a-t-il dit, estimant que la numérisation des procédures judiciaires constitue « la pierre angulaire de cette démarche, aussi bien pour les procédures civiles que pénales ».