Le procès en appel de l’ex-député FLN Baha Eddine Tliba devrait trouver aujourd’hui sa conclusion avec le prononcé du verdict. Le dossier, qui retient notamment l’accusation «d’infraction à la réglementation de change et des mouvements des capitaux, de et vers l’étranger», avait été rouvert le 29 novembre dernier par la Cour d’Alger suite à l’appel déposé par les avocats de la défense.

Le Tribunal de Sidi M’hamed avait pour sa part condamné, le 9 septembre dernier, Baha Eddine Tliba, ainsi que le principal coaccusé Iskander Ould Abbès (fils de l’ancien secrétaire général du FLN) à des peines de 8 ans de prison ferme, accompagnées d’amendes de 8 millions de dinars chacun. El Wafi Ould Abbès, jugé par contumace, avait, lui, écopé d’une peine de 20 ans de prison ferme et le lancement d’un mandat d’arrêt international.
Le procès en appel, ouvert après un premier report demandé par la défense pour «étudier le dossier», n’aurait cependant pas apporté de nouveaux éléments convaincants à l’accusation. Le Parquet général près la Cour d’Alger a, en effet, requis dès la première audience «le durcissement des peines contre les principaux accusés».
Affaire qui reste principalement liée à la corruption politique, le jugement de «l’affaire Tliba» avait été rendu possible suite à la levée de l’immunité parlementaire de Baha Eddine Tliba à la demande du ministère de la Justice. Le procès en première instance avait ainsi été marqué par les «révélations» de l’accusé sur le système de corruption politique et l’achat des «places» sur les listes électorales, mais aussi par les échanges d’accusation avec les fils de l’ancien secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès.
Ainsi, Baha Eddine Tliba, tout en faisant savoir que «les enfants de Ould Abbès» lui avaient demandé la somme de «70 millions de dinars» pour la tête de liste à Annaba, il avait également clamé son innocence, en précisant qu’il avait immédiatement mis au courant les services de sécurité, expliquant même avoir informé le général Bachir Tartag : «Ses éléments ont filmé, pris des photos et enregistré les communications des deux enfants de Ould Abbès qui étaient en contact avec moi. Ils savaient tout.» Conservant la même ligne de défense, l’ex-député a, par ailleurs, ajouté lors de l’audience en appel qu’il n’avait jamais cherché à «acheter» sa candidature. Djamel Ould Abbès, pour qui cette affaire est «montée de toutes pièces», a quant à lui réitéré à la Cour d’Alger ses précédentes déclarations sur l’activité de ses fils El Wafi, Omar et Iskander, affirmant qu’il ignorait «leurs mouvements». Iskander Ould Abbès, qui avait pour sa part nié toutes les accusations portées contre lui, affirmait en substance en première instance que «cette affaire était un complot» contre son père. Lui-même n’aurait eu aucun «pouvoir» pour intervenir dans la constitution des listes électorales.
Egalement accusé et condamné pour abus de pouvoir et obtention d’indus avantages à 2 ans de prison ferme, Bouchnak Kheladi Abdallah, chargé par Djamel Ould Abbès de l’organisation des candidatures des législatives en 2017, a reconnu selon ses propos recueillis par l’APS que, de par son poste, il recevait plusieurs communications, dont celle d’El Wafi Ould Abbès pour l’inscription de certains noms sur les listes électorales. Niant toutefois avoir bénéficié d’un logement privé à la résidence Essahel de Club-des-Pins, autrement que pour une durée «d’un mois seulement». Pour rappel, le procès avait mis en évidence que des «contacts» existaient bien entre les accusés. Le juge de première instance, faisant ainsi savoir au détour d’une question, que près de 150 appels téléphoniques avaient été échangés entre Baha Eddine Tliba et Iskander Ould Abbès. <