L’échange des accusations auxquelles ils se sont adonnés lors du procès en appel, tenu hier, après son report la semaine passée, ne leur a pas été d’une quelconque utilité. C’est plutôt un durcissement des peines qui a été requis par la Cour d’Alger contre l’ancien député Baha Eddine Tliba et les deux fils de l’ancien secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès.

En première instance, l’ancien député d’Annaba a été condamné à 8 ans de prison ferme et à 8 millions de DA d’amende pour, notamment infraction à la réglementation de change et des mouvements des capitaux de et vers l’étranger. Le Tribunal avait condamné Iskander Ould Abbès à la même peine et prononcé la condamnation par contumace à 20 ans de prison ferme l’autre fils de Djamel Ould Abbès, El Ouafi, contre lequel un mandat d’arrêt international a été émis pour les mêmes chefs d’accusation, en sus de l’obtention d’indus avantages.
Hier à la Cour d’Alger, Tliba n’a pas changé de stratégie de défense. En plus des accusations de chantage qu’il a portées une nouvelle fois sur les enfants d’Ould Abbès, il n’a pas dévié de sa demande d’auditionner Bachir Tartag, ancien patron des Services de renseignements qu’il dit avoir informé quant au trafic des listes électorales qui se faisaient au sein du FLN. « Ils m’ont exigé de l’argent et m’ont même menacé de supprimer mon nom de la liste des candidats FLN d’Annaba, mais j’ai refusé le chantage. J’ai pris la décision d’informer les services de sécurité en me rendant au bureau de Bachir Tartag, à Dely Brahim », a encore dit Tliba, physiquement amaigri par les mois de détention.
La Cour a requis également un durcissement des peines contre Bouchnak Khelladi, chargé des candidatures au niveau du parti FLN, poursuivi pour les mêmes accusations, en sus de l’abus de pouvoir. Il avait été condamné à une peine de 2 ans de prison assortie d’une amende de 200 000 DA, tandis que l’entrepreneur Mohamed Habchi avait été acquitté des charges retenues contre lui.
Il faut rappeler que l’affaire a pris une sérieuse tournure depuis la levée de l’immunité parlementaire de Baha Eddine Tliba à la demande du ministère de la Justice. S’en est suivi la tenue du procès en première instance et durant lequel Tliba a défrayé la chronique en faisant part publiquement d’un trafic dans les listes électorales. Tliba désignait alors l’influence et le marchandage dans l’élaboration des listes qui se négociait à 70 millions de dinars pour la première place, dans une révélation qui a mis dans l’embarras aussi bien les parlementaires que les organes de l’ancien parti unique déjà décrié par la rue dans le sillage du mouvement populaire pour le changement. n