Karim Tabbou, le leader de l’Union démocratique et sociale (UDS) non agréé, incarcéré à Koléa, sera entendu à nouveau demain jeudi dans le fond par le juge d’instruction près le tribunal de la même ville, apprend-on du collectif de la défense. 12 septembre dernier, Karim Tabbou a été placé en détention préventive par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa pour «atteinte au moral de l’Armée». Il lui est reproché des propos tenus le 8 mai dernier, en marge des commémorations des massacres du 8 mai 1945 à Kherrata (Béjaïa). Ce jour-là, il avait notamment accusé le général Gaïd Salah de «violer lui-même la Constitution qu’il cherche à imposer aux Algériens». «Le chef d’état-major assure qu’il ne fait pas de politique, il assure qu’il protège l’institution militaire et, dans le même temps, c’est celui qui donne des ordres au Parlement, au Conseil constitutionnel et considère, aujourd’hui, l’Algérie comme la plus grande caserne de la région», avait-il dit. Quatre mois plus tard, il est placé en détention provisoire pour «humiliation d’un corps constitué et démoralisation des troupes de l’Armée en temps de paix», en application de l’article
75 du code pénal.
Pour rappel, Karim Tabbou avait été remis en liberté provisoire et placé sous contrôle judiciaire par le tribunal de Koléa avant d’être à nouveau arrêté le lendemain.
Le 2 octobre, le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed ordonne sa mise sous mandat de dépôt pour «incitation à la violence et atteinte à la sécurité et au pouvoir de l’Etat». M. K.