Le président du Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Snateg-Sonelgaz), Raouf Mellal, a été condamné à deux mois de prison ferme par le Tribunal de Sidi M’hamed à Alger sous le chef d’inculpation de diffamation à l’encontre d’un cadre de la Sonelgaz, a annoncé la cellule de communication de ce syndicat dans un communiqué de presse rendu public hier.

«Ce qui est étrange dans cette affaire, relève la cellule de communication du Snateg, c’est que le président du syndicat Raouf Mellal ne connaît nullement le cadre plaignant, ne l’a jamais rencontré et n’en a entendu parler que le jour où il s’était vu signifier le jugement après s’être vu adresser une accusation de la part du procureur de la République le 28 novembre.» Ce jugement intervient, selon le communiqué du Snateg, après la série de contestations menées par le syndicat et relève de la «pression qu’exerce le gouvernement afin de venir à bout des poursuites judiciaires engagées par les syndicalistes injustement licenciés. Pas moins de 48 syndicalistes affiliés au Snateg ont été licenciés arbitrairement», selon le Snateg.
Le dernier sit-in en date, auquel a participé le syndicat Snateg Sonelgaz est celui de l’intersyndicale, le 25 novembre dernier, «une manifestation empêchée par les pouvoirs publics et au cours de laquelle il y a eu plus de 600 participants, dont le président du Snateg».
Pour rappel, la condamnation de Raouf Mellal n’est pas la première du genre, vu qu’il avait déjà été condamné auparavant à 6 mois de prison en raison de ses accusations graves sur la corruption au sein du Groupe Sonelgaz et, plus particulièrement, au sujet des anomalies contenues dans les factures de gaz et d’électricité de plus de 8 millions d’Algériens.
«J’ai été jugé par contumace et je vais introduire un recours auprès du tribunal susmentionné», a déclaré hier à Reporters Raouf Mellal. «Je considère que cette affaire relève de la volonté du gouvernement de maintenir la pression sur le syndicalisme autonome.
C’est une affaire purement syndicale», a poursuivi M. Mellal.