Le procureur de la République près le Tribunal de Dar El Beïda a requis 7 ans de réclusion criminelle contre le général à la retraite Ali Ghediri, qui a comparu hier pour le chef d’inculpation «atteinte au moral de l’armée dans un temps de paix dans le but de porter atteinte à la défense nationale «. Le procureur a, par ailleurs, requis, 20 ans de réclusion criminelle contre Gasmi Hocine, poursuivi pour d’autres chefs d’inculpations dans le cadre de l’affaire Ghediri.

PAR MILINA KOUACI
Le procès du général à la retraite et ancien candidat à la présidentielle avortée d’avril 2019 s’est ouvert, hier, au Tribunal criminel de Dar El Beïda. Après plus de deux ans en détention préventive, une demande de libération rejetée, Ali Ghediri a été entendu, hier, pour «atteinte au moral de l’armée dans un temps de paix dans le but de porter atteinte à la défense nationale «.
Ali Ghediri a comparu avec Hocine Gasmi, poursuivi pour sa part pour «faux et usage de faux, livraison d’informations à des agents de l’étranger dans le but de porter atteinte à l’économie nationale et la défense nationale, réception de fonds d’une source étrangère pour propagande et propagande politique «.
Hocine Gasmi a reconnu avoir usurpé l’identité d’un certain Gouasmi Hocine et d’avoir dirigé un parti politique avec ce nom. C’est avec cette fausse identité que Hocine Gasmi s’est rapproché de Ali Ghediri après sa candidature à la présidentielle de 2019 en lui proposant de lui récolter des signatures pour plus de 6 000 questionnaires.
Appelé à la barre, M. Ghediri explique au juge que Hocine Gasmi s’est présenté comme chef d’un parti politique et qu’il n’avait pas douté de son identité. «Gasmi a insisté pour que je visite le siège de son parti, où j’ai vu des photos de lui avec de hauts responsables de l’Etat. Si l’Etat a pu lui faire confiance, alors moi aussi «, a dit Ghediri à l’adresse du juge, en expliquant son lien avec Hocine Gasmi.
Interrogé sur ses contributions dans les médias, notamment une interview qu’il avait accordée au quotidien El Watan où, il disait que l’institution militaire est responsable de la situation sensible actuelle et l’a appelé à protéger le processus électoral, l’ancien candidat à la présidentielle affirme qu’il faisait ça depuis 2015, date de son admission à la retraite.
Le mis en cause, accusé de vouloir «impliquer l’institution militaire dans la vie politique, ce qui est contraire à la loi «, a indiqué qu’il était en retraite et qu’il s’exprimait en tant que citoyen algérien et non en sa qualité de général. «Je m’exprimais en tant que citoyen, aucun article de loi ne m’interdit de le faire «, a répondu M. Ghediri.
Pour rappel, Ali Ghediri a été poursuivi également pour «livraison d’informations à des agents de l’étranger dans le but de porter atteinte à l’économie nationale et à la défense nationale», mais en janvier 2020, la Cour d’Alger a prononcé un non-lieu en sa faveur. n