Suite à son acquittement, samedi, par la Cour d’appel du Tribunal militaire de Blida, Saïd Bouteflika, frère conseiller de l’ancien président de la République, a été transféré vers la prison d’El Harrach étant poursuivi et mis en détention provisoire dans l’affaire liée à l’acquisition d’équipements par Ali Haddad pour le lancement de la chaîne «Istimraria TV» qui allait mener la promotion du projet du 5e mandat de Bouteflika.

«En application de la décision de la Cour d’appel du Tribunal militaire de Blida, prononcée lors de l’audience tenue en date du 2 janvier 2021, nous informons l’opinion publique que l’accusé Saïd Bouteflika a été transféré hier (dimanche, NDLR) soir, le 3 janvier 2020, de l’Etablissement militaire de prévention et de rééducation de Blida vers l’Etablissement pénitentiaire d’El-Harrach et a été mis à la disposition du Procureur de la République, près le pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed où il est poursuivi dans d’autres affaires», a précisé hier le ministère de la Défense nationale ( MDN), dans un communiqué.
Avant la réouverture de l’affaire dite de «complot» et dans laquelle ont été poursuivis également les généraux Toufik et Tartag ainsi que la patronne du PT, Louisa Hanoune, la chambre d’accusation du Tribunal de Sidi M’hamed (Alger) avait confirmé le mandat de dépôt contre Saïd Bouteflika, selon son avocat Maître Khaled Bourayou.
L’affirmation du ministère de la Défense nationale s’inscrit dans la continuité de celle de samedi quand il a été relevé, dans un communiqué, que Saïd Bouteflika «sera transféré à une prison civile, étant donné qu’il est poursuivi dans d’autres affaires devant le Pôle pénal économique et financier relevant de la Cour d’Alger».
Sept ans de prison pour Ouyahia
Dans une autre affaire, engageant d’anciennes figures du régime Bouteflika, le Tribunal de Sidi M’hamed a condamné l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, à 7 ans de prison ferme dans l’affaire de pillage d’un foncier touristique à Skikda. Pour leur part, les anciens ministres Amar Ghoul et Abdelghani Zaalane ont été condamnés à 3 ans de prison ferme et un million de dinars d’amende. Ghoul est poursuivi, dans cette affaire, en sa qualité de ministre du Tourisme tandis que Zaâlane en sa qualité de ministre du Transport. Fawzi Ben Hassine, ex-wali de Skikda, a écopé de 2 ans de prison, alors que l’investisseur Ben Fassih Mohamed, le porteur du projet d’investissement dans le secteur du tourisme, a été condamné à 2 ans de prison ferme et un million de dinars d’amende. Mardi 29 décembre, le Procureur général a requis 12 ans de prison ferme contre Ahmed Ouyahia et Amar Ghoul et 10 ans contre Abdelghani Zaâlane, pour Ben Fassih Mohamed 8 ans et son fils Seif Eddine 6 ans. Les co-accusés sont poursuivis notamment pour «octroi de privilèges indus» et «dilapidation de deniers publics».
Le procès de l’affaire de détournement du foncier à Skikda avait débuté lundi passé avec l’audition de nombreuses personnalités publiques ayant exercé dans les structures de l’Etat au niveau national et à l’échelle régionale. Ahmed Ouyahia a été auditionné par visioconférence depuis l’établissement pénitentiaire d’Abadla à Béchar où il est emprisonné suite à sa condamnation dans d’autres affaires.
Ouyahia sera également entendu le 9 janvier dans l’affaire du montage automobile et du financement occulte de la campagne présidentielle de l’ancien Président déchu dont la réouverture était initialement programmée pour le 26 décembre dernier.
Cette audition, qui relance l’affaire, fait suite à l’avis de la Cour suprême qui a accepté, fin novembre, la cassation introduite par Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal et les hommes d’affaires condamnés dans cette affaire. n