Par Nadir Kadi
Reportés suite à la dernière grève des avocats, les 18, 19 et 20 avril dernier, plusieurs procès d’anciennes figures de la vie politique et économique de la présidence Bouteflika devraient être ouverts au cours de ce mois de mai. La justice, qui avait notamment décidé ces «reports» pour cause «d’absence» de la défense, a décidé aujourd’hui, au niveau de la Cour d’Alger, le lancement du dossier d’appel de l’affaire «Metidji». Pas moins de cinq procès d’anciens responsables devraient également être traités jusqu’au 24 mai prochain.
En effet, initialement programmé le 6, puis le 20 avril dernier, le procès en appel de l’affaire dite «groupe Metidji», incrimine plusieurs personnalités politiques et économiques et, notamment, l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal et son ancien directeur de cabinet, Mustapha Abdelkrim Rahiel. Le dossier, qui avait retenu des charges liées à la corruption et, plus précisément, «abus de fonction», «trafic d’influence», «dilapidation de deniers publics», «octroi d’indus avantages» mais, surtout, «participation au financement occulte de la campagne électorale annulée d’avril 2019», avait pour rappel abouti, en première instance en janvier dernier, à la condamnation de l’ancien Premier ministre A. Sellal à «5 ans de prison ferme» et de l’ancien directeur de cabinet du Premier ministère, Mustapha Abdelkrim Rahiel, à «3 ans ferme». Quant à l’ancien chef de protocole à la Présidence, Mokhtar Reguieg, il avait écopé de «6 ans de prison ferme», alors que l’ancien PDG du groupe Metidji, Mansour Metidji, avait été condamné à «8 ans de prison ferme».
Quant au procès en appel des ministres Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, auxquels il est reproché des «détournements de deniers publics» lors de leur passage au ministère de la Solidarité nationale, la chambre pénale près la Cour d’Alger a programmé l’ouverture du dossier le 17 mai prochain ; son principal objet sera la révision des peines prononcées par le Tribunal de première instance de Sidi M’hamed. Ould Abbès et Barkat avaient, en effet, été condamnés à des peines respectives de 8 ans et 4 ans de prison ferme. L’ancien Secrétaire général du ministère de la Solidarité, Bouchenak Khelladi, a été condamné à 3 ans de prison. Le fils de Djamel Ould Abbès, El Ouafi (en fuite à l’étranger), a écopé de «10 ans de prison ferme et d’une amende d’un million de DA avec émission d’un mandat d’arrêt international».
Cette même journée du 17 mai devrait également être marquée par l’ouverture du procès en appel de l’ancien député du parti du FLN, Baha-Eddine Tliba, poursuivi dans une affaire de manipulation des listes électorales des législatives de mai 2017. Par ailleurs, et dans un registre plus proche des liens entre pouvoir économique et politique, le procès dit de l’affaire «GB Pharma» avait pour sa part été reporté au 10 mai. La justice avait pour rappel mis en avant des soupçons de «financement occulte» de la campagne électorale de la présidentielle annulée d’avril 2019 en citant les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que les frères Benhamadi, propriétaires du groupe Condor. Par ailleurs, il est également à noter que le procès de l’ancienne ministre de l’Industrie, Djamila Tamazirt, face à la Cour d’Alger avait été reporté au 24 mai. Le dossier en appel fait suite à la condamnation, en février dernier, de l’ex-responsable à 5 ans de prison en plus de la saisie de tous les avoirs et fonds des comptes bancaires. Les juges de première instance du Tribunal de Sidi M’hamed avaient, en effet, reproché des faits de corruption dont se serait rendu coupable Djamila Tamazirt alors qu’elle était directrice du complexe agroalimentaire de Corso relevant du groupe Eriad entre 2009 et 2015.
Quant au dossier plus particulier de l’ex-militaire Mohamed Azzouz Benhalima, accusé d’appartenance au groupe terroriste «Rached», l’audience d’ouverture du procès avait été programmée le 8 mai au niveau du Tribunal de Bir Mourad Raïs. L’accusé, extradé le 24 mars dernier depuis l’Espagne, était pour rappel sous le coup d’une condamnation par contumace à «10 ans de prison» émise par la Cour d’Alger. <