Par Nadir Kadi
Initialement programmés, hier, au niveau des Cours de justice d’Alger et d’Oran, les jugements de deux «affaires» citant Hamid Melzi et Abdelghani Hamel, ont finalement été repoussés par les deux juridictions. Le «dossier Melzi», du nom de l’ancien Directeur général de la résidence d’Etat du «Sahel», étant reporté au «28 juin prochain» ; alors que le nouveau jugement, à Oran, Abdelghani Hamel, ex-DGSN, dans une affaire présumée d’escroquerie est, pour sa part, programmé par les juges pour la «prochaine session judicaire».
En effet, des «affaires» qui mettent toutes deux en avant les noms de deux plus hauts responsables de la présidence Bouteflika. Le nouveau jugement Hamid Melzi, rendu possible suite au feu vert de la Cour suprême au pourvoi en cassation, déposé par la défense, devra étudier une nouvelle fois la matérialité d’une série d’actes présumés de «corruption». Le fond du dossier, jugé en appel par la 6e chambre de la Cour d’Alger, avait levé le voile sur cinq cas de corruption présumés, notamment lors de la passation de contrat entre la structure gérée par l’accusé et l’Aéroport d’Alger pour l’aménagement de locaux, ou encore lors de chantier au niveau du parc de Ben Aknoun et de la résidence El Mithak. Cependant, l’attention avait particulièrement été retenue par les soupçons de malversation entourant le projet de construction de près de 360 chalets au niveau des luxueuses résidences d’Etat Club-des-Pins et Moretti.
L’enquête, qui avait fait suite au sous mandat de dépôt de Hamid Melzi, en mai 2019, aurait en effet mis en avant des incohérences dans l’attribution d’un projet de construction à une entreprise chinoise, pourtant classée troisième lors de l’appel d’offres. Cette transaction aurait en ce sens entraîné une perte de près de 17 milliards de dinars au Trésor public, selon des sources de presse. Pour rappel, le verdict prononcé en appel, le 2 janvier dernier, avait condamné l’ex-directeur de la résidence d’Etat «Sahel», H. Melzi à «trois ans et demi de prison ferme». Les co-accusés dans cette affaire retenant les charges de «blanchiment d’argent», «transfert de biens provenant de la criminalité», «abus de fonctions pour l’acquisition d’indus privilèges», «incitation d’agents publics à exploiter leur influence» ou encore «conclusion de contrats en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur» avaient écopé de peines allant jusqu’à plusieurs années de prison. L’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia étant condamné à une peine de «6 ans de prison ferme» assortie d’une amende d’un million de dinars et Abdelmalek Sellal à «5 ans de prison ferme» et «un million de dinars» d’amende.
Quant au nouveau «dossier» mettant en cause l’ancien directeur de la police, Abdelghani Hamel, la Cour de justice d’Oran a opté hier pour un «report» et une inscription de l’affaire au programme de la «prochaine session judicaire». L’affaire, qui doit ainsi être jugée en première instance, met en avant, selon les rares informations aujourd’hui disponibles, des soupçons d’usage de faux documents et d’usurpation d’identités en vue «d’acquérir» des biens fonciers et immobiliers cédés lors de ventes aux enchères organisées suite à des décisions de saisies émises par la justice.
Ainsi sans plus de détail sur le rôle qu’aurait pu avoir l’ancien directeur de la police dans les falsifications présumées, des informations de presse révèlent toutefois que ces «faits» seraient remontés à la connaissance de la justice au cours de l’année 2020 suite au dépôt d’une plainte par une citoyenne pour «escroquerie». Au moins onze personnes seraient en ce sens poursuivies par la justice, entre autres pour «falsification» de documents officiels.