Les informations ayant circulé dès le début de la semaine, concernant la programmation du procès en appel de l’ancien général à la retraite, Ali Ghediri, se sont avérées fondées. Ces avocats ont affirmé, hier, que sa comparution devant le Tribunal criminel d’appel est fixée pour le 26 janvier prochain.

PAR NAZIM B.
L’ancien général avait été condamné, le 23 septembre 2021, par le Tribunal de Dar El Beïda, à 4 ans de prison pour «participation en temps de paix à une entreprise visant à fragiliser le moral de l’Armée nationale populaire». Les autres charges, notamment «atteinte au moral de l’armée» et «réunion de documents et d’informations et leur mise à la disposition d’agents étranger», avaient, quant à elles, été abandonnées par la Cour suprême.
Son co-accusé dans cette affaire, à savoir Hocine Gouasmi, poursuivi, lui, pour «faux et usage de faux», «usurpation d’identité», «intelligence avec l’étranger», et «fragilisation du moral de l’ANP», a été condamné à une peine de 10 ans de réclusion criminelle assortie de la privation de ses droits civiques.
Ghediri n’a pas pour autant abandonner la partie puisqu’il a continué à plaider son innocence aussi bien à travers le comité de soutien que par son collectif d’avocats. Dans une lettre rendue publique en juillet dernier, Ali Ghediri écrivait en ce sens qu’il était en «confinement politique», soulignant que «la raison aurait été sa décision de se porter candidat, mais aussi le contenu de son programme politique». «Tout ce que j’ai subi durant mon confinement politique à la prison a une seule source et une seule cause, à savoir ma candidature à l’élection présidentielle du 18 avril 2019, criminalisée volontairement sur la base de mon programme électoral», a-t-il dénoncé.
S’exprimant lors d’un point de presse tenu le 5 octobre dernier par le collectif d’avocats, Maître Khaled Bourayou a estimé que «si Ali Ghediri est toujours emprisonné c’est parce qu’il y a un règlement de compte. En tant que militaire, cela n’a jamais été accepté par le système, qu’il se présente à l’élection présidentielle». Tout en soulignant que le dossier d’accusations est vide, Maître Bourayou a déploré que «la défense ne peut pas remplir ses missions».
De son côté, l’avocate Aouicha Bekhti a défendu le non-fondement de l’accusation «un peu fourre-tout» de «l’atteinte au moral de l’armée», d’autant plus qu’«il n’y a aucun élément matériel qui la conforte et qu’elle est à l’encontre d’un ancien général-major qui a toujours servi son pays en étant dans cette institution militaire et qui a toujours appelé à la souveraineté de cette institution». Auparavant, l’ancien officier de l’ANP avait refusé de comparaître devant la chambre criminelle, dénonçant dans une lettre rendue publique par ses avocats ce qu’il a qualifié de «confinement politique». Au début de l’année, ses avocats ont estimé la «requalification des accusations ainsi que le contexte dans lequel est intervenu le réexamen du dossier, différent de celui du procès dans ses deux instances, peuvent générer une issue plutôt heureuse dans cette affaire».
Pour rappel, le général-major à la retraite a été placé, le 13 juin 2019, sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le Tribunal de Dar El Beïda à Alger.