Après une incarcération de sept années, le procès du colonel et ex-chef de l’unité aérienne de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), Chouaib Oultache, auteur présumé du meurtre de l’ancien patron de la DGSN Ali Tounsi, assassiné le 25 février 2010 dans son bureau à Alger, a été fixé au 26 février prochain devant le tribunal criminel d’Alger. 

Les charges retenues contre le colonel Oultache sont, dans l’ordre, «homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, tentative de meurtre et possession d’arme à feu», indique-t-on dans le rôle complémentaire de la deuxième session criminelle 2016. Le tribunal criminel sera présidé par le magistrat Omar Benkherchi et les deux conseillers Gazem Zahia et Hadj Mihoub Sidi Moussa. Ali Tounsi avait été assassiné le 25 février 2010 par Oultache qui a ensuite retourné son arme contre lui lors d’une réunion au siège de la direction générale de la Sûreté nationale à Alger, avait annoncé le ministère de l’Intérieur et des collectivités locales peu de temps après le meurtre.
Selon le ministère, la mort de Ali Tounsi «est survenue lors d’une séance de travail durant laquelle un cadre de la police, apparemment pris d’une crise de démence, avait ouvert le feu sur le chef de la police avec son arme de service ». Chouaib Oultache avait été précédemment condamné à une peine de cinq ans de prison ferme dans une autre affaire de détournement de deniers publics en relation avec le meurtre de Ali Tounsi. Jusque-là, la défense plaide que le colonel Chouaïb n’est pas le meurtrier de Ali Tounsi.
En effet, dans un entretien accordé en mars 2016 à un confrère, TSA, l’un des avocats de la défense, Me Tayeb Belaarif, soutient que son client est victime d’un procès «construit » autour d’une affaire de corruption afin «de créer un alibi pour dire que Oultache a assassiné Tounsi parce qu’on avait découvert des malversations dans le marché «ABM-DGSN». Pour Me Belaarif «Oultache a certes blessé Ali Tounsi, mais il ne l’a pas tué».