Le journaliste Sofiane Merakchi a comparu hier devant le tribunal de Bir Mourad Raïs, Alger. La demande de mise en liberté provisoire introduite par ses avocats a été rejetée. Son procès qui devait avoir lieu hier a été reporté au 29 mars.
Le journaliste Sofiane Merakchi reste en prison en attendant son jugement renvoyé au 29 mars. Sa demande de mise en liberté provisoire a été rejetée hier par le tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger. Le reporter est en détention à la prison d’El Harrach depuis le 26 septembre 2019, accusé d’« infraction au code des Douanes » et d’« usage de technologie permettant la diffusion de l’actualité du Hirak pour le compte de médias étrangers sans autorisation », a-t-on entendu hier au cours de l’audience. En clair, le reporter algérien qui travaille pour la chaîne de télévision libanaise « Al Mayadeen » est poursuivi pour avoir ramené de l’étranger une caméra sans l’avoir déclaré aux Douanes et d’avoir correspondu avec un média étranger sans accréditation.
Au tribunal, hier, une dizaine d’avocats étaient mobilisés pour sa défense dont Maîtres Fatima Zahra Ben Braham et Nadjib Bitam. Le collectif de défense qui a plaidé pour la mise en liberté provisoire du journaliste s’est montré à moitié surpris par la décision du magistrat de rejeter leur appel en raison de l’absence d’un représentant des Douanes. Il n’a pas moins mis en avant la
« sévérité » du sort imposé à Sofiane Merakchi.
Pour Maître Abdellah Haboul, le journaliste devrait être sorti et placé sous contrôle judiciaire en attendant son jugement définitif. « Selon l’article 123 du code des procédures, la détention provisoire est exceptionnelle, or, elle a tendance à durer pour ce qui concerne notre client », a ajouté ce membre du collectif de défense. La question de la détention préventive et la manière dont elle se pose pour la justice algérienne sont un problème, a-t-il ajouté alors qu’un groupe de journalistes s’est déplacé hier au tribunal pour exprimer son soutien au confrère incarcéré.
Le 7 mars dernier, le Collectif des journalistes algériens unis (JAU) a réitéré à Sofiane Merakchi son soutien et dénoncé sa « mise en détention provisoire pour avoir exercé son métier de journaliste en couvrant de manière constante le Hirak en dépit des pressions et des intimidations ». « L’accusation d’infraction au code des Douanes et d’utilisation d’un appareil de diffusion en direct – que toutes les chaînes TV utilisent en Algérie – dont il fait l’objet n’est qu’un prétexte pour punir le journaliste et le faire taire », avait affirmé le collectif dans son communiqué.