Entendu, hier, par le conseiller instructeur près la Cour suprême, l’ancien ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazgui, est ressorti libre. L’ancien ministre a été auditionné, selon un communiqué rendu public par le Procureur général, sur des affaires de corruption. «Dans le cadre de l’enquête diligentée au niveau de la Cour suprême, le Conseiller instructeur a auditionné, ce jour 27 août 2019, le dénommé Bouazgui Abdelkader, ex-ministre de l’Agriculture, poursuivi pour octroi d’avantages indus lors de la passation de marchés publics, et d’abus de fonction, conformément à l’article 33 de la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption», indique la même source. Soulignant que les charges «portaient également, conformément aux dispositions de l’article 29 de ladite loi, sur la dilapidation de deniers publics», le communiqué précise que le Conseiller instructeur a «ordonné la mise en liberté du prévenu».
Il s’agit du quatrième ministre convoqué par la justice mais qui échappe à la détention provisoire. Avant lui, les anciens ministres, Karim Djoudi, Amar Tou et Abdelmalek Boudiaf ont été placés sous contrôle judiciaire. Les autres ministres auditionnés sont quant à eux en détention à la prison d’El-Harrach. Il s’agit d’Amara Benyounes, Saïd Barkat, Djamel Ould Abbès, Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda, Amar Ghoul, Abdelghani Zaâlane, Mohamed El Ghazi et, tout récemment, l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh. Les anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia ont été, eux aussi, condamnés à la détention provisoire pour plusieurs affaires de corruption. D’autres responsables, du rang de wali, ont été également condamnés à la détention provisoire à l’image de Moussa Ghelaï, ex-wali de Tipasa, poursuivi dans le cadre de l’affaire Hamel pour «dilapidation délibérée par un fonctionnaire public et utilisation illicite en sa faveur ou en faveur d’une tierce personne ou entité de biens et fonds publics dans le cadre de l’exercice de ses fonctions». Pour sa part, l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, a été mis sous contrôle judiciaire. Le secteur de la justice est sujet d’observation depuis l’accélération du traitement des affaires de corruption dans lesquelles sont impliqués de hauts anciens responsables de l’Etat, alors que la réouverture de certains dossiers tels que ceux de Sonatrach et l’autoroute Est-Ouest est annoncée pour les prochains mois.
Le secteur a connu, par ailleurs, un changement à sa tête avec l’arrivée de Belkacem Zeghmati en remplacement de Slimane Brahmi qui n’aura régné qu’éphémèrement. La nomination de Zeghmati, ancien procureur général près la Cour d’Alger, a été suivie par une série de nominations à la tête des Cours, annonçant justement une très probable accélération de l’instruction de toutes ces affaires de corruption par la justice.