C’est dans une ambiance tendue, et en présence d’un fort dispositif sécuritaire, que la cour criminelle près la Cour d’Alger a ouvert, hier, le procès de l’évasion d’un prisonnier du centre pénitencier d’El Harrach.

Un prisonnier pas comme les autres, il s’agit d’Oussama, appelé « Escobar », l’un des plus grands barons de la drogue en Algérie.
Lors de son audition, Oussama a déclaré qu’il avait planifié son évasion lorsqu’il était déjà écroué à la prison de Koléa avant même son transfert à El Harrach. Là-bas, Escobar, qui a avoué être en contact permanent avec le monde extérieur en utilisant deux téléphones portables, a été aidé par son avocate pour s’évader de prison. En effet, il dit avoir donné des instructions pour « kidnapper » le fils de son avocate afin qu’elle puisse l’aider dans son intervention.
Habillé de vêtements civils sous sa combinaison de prisonnier et portant une montre et une bague, Oussama, 28 ans, a utilisé un badge qui lui a été fourni par son avocate pour fuir la prison et s’évader vers le Maroc. A la frontière algéro-marocaine, l’ancien fugitif a déclaré à l’audience avoir payé 10 millions de centimes à des gendarmes pour qu’il puisse traverser la frontière sans problème, même s’il déclare avoir été reconnu par certains d’entre eux.
Escobar a déclaré aux juges vouloir s’évader pour « respirer plus d’air » tout en indiquant vouloir recommencer. L’avocate de l’ancien baron a déclaré dans son audition avoir aidé son client à s’enfuir de la prison d’El Harrach sous le coup de la menace tout en avouant avoir accepté de plaidoyer pour lui pour « améliorer son cadre de vie ».
Elle a également indiqué que son client a coupé tout contact avec elle dès son évasion.