Accusés dans une nouvelle affaire «d’octroi de privilèges injustifiés», «d’abus de fonction» et «d’infraction à la loi», les deux anciens ministres des Transports, Ammar Ghoul, et des Travaux publics, Abdelkader Ouali, ainsi que l’homme d’affaires Ali Haddad, risquent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

Par Nadir Kadi
Le Procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed a, en effet, requis hier, au deuxième jour du procès, une peine de «10 ans de prison ferme» et une amende d’un million de dinars contre les principaux accusés dans cette affaire de malversations lors de l’attribution de chantier de construction routier.
Procédure judiciaire instruite plus précisément par le pôle financier et économique du Tribunal de Sidi M’hamed ; la justice soupçonne les ex-responsables politiques, plusieurs cadres de l’Etat ainsi que le propriétaire de l’entreprise de construction ETRHB Ali Haddad, d’avoir mis en place, participé ou profité d’un système de corruption lors de le l’attribution du projet de chantier de dédoublement du Chemin de wilaya Aïn Defla-Bourached puis, son raccordement à l’échangeur de l’Autoroute Est-Ouest. En ce sens, le dossier d’accusation mis en avant par le procureur cite une série de complicités présumées, notamment celle de l’ancien wali d’Aïn Defla, Abdelkader Kadi, qui risque également jusqu’à 10 ans de prison. Quant aux anciens directeurs des travaux publics de la wilaya d’Aïn Defla, entre 2005 et 2015, Khlifaoui Ali, Benchenane Mohamed et Berouag Slimane, ils risquent, selon l’APS, des peines de 6 et 7 ans de prison, assorties d’amendes de 500 000 dinars. La même source rappelle que la mission et la «responsabilité» de ces trois derniers accusés était précisément d’assurer le «suivi du projet».
Deuxième journée du procès, qui aura par ailleurs été l’occasion pour le procureur de la République de demander «la confiscation de tous les biens saisis sur ordre du juge d’instruction». Ce dossier, sans présumer du verdict des juges, s’ajoute, pour rappel, aux précédentes condamnations prononcées contre Ammar Ghoul et Ali Haddad. L’ancien ministre des Transports, en poste entre septembre 2013 et mai 2015, avait en effet été placé sous mandat de dépôt en juillet 2019 par le Conseiller enquêteur près la Cour suprême dans le contexte des manifestations populaires et dans le cadre des premières enquêtes pour «corruption» des hommes d’affaires Ali Haddad et Mahiddine Tahkout. Des peines de 10 et 3 ans seront en ce sens prononcées en première instance contre Ammar Ghoul, l’appel réduira toutefois la seconde peine à 18 mois avec sursis.
Quant à Ali Haddad, ancien patron du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et figure incontournable du paysage économique, lors de la présidence Bouteflika, il sera cité par la justice dès mars 2019 suite à son arrestation «à 3 heure du matin» au niveau du poste-frontière d’Oum Teboul, alors qu’il avait été précédemment placé sous interdiction de sortie du territoire. Les principales condamnations prononcées par la justice sont en ce sens 6 mois de prison ferme pour «faux», mais aussi «quatre ans» dans le cadre de l’enquête sur le financement de la campagne présidentielle du candidat Bouteflika, ou encore en juillet 2020 «18 ans de prison ferme» et «une amende de 8 millions de dinars algériens pour corruption». Cette condamnation entraînera par ailleurs la confiscation de tous les biens d’Ali Haddad en Algérie et à l’étranger, et notamment de la société ETRHB. n