Par Nadir Kadi
Arrêtés le 29 août dernier à Tébessa puis incarcérés le 26 septembre à la prison d’El Harrach, les frères Nabil et Ghazi Karoui, auraient été «remis en liberté» hier. Plusieurs sources de presse indiquent toutefois que le processus judiciaire à leur encontre était toujours «en cours». Nabil Karoui, ex-candidat à la présidentielle tunisienne de 2019, mais également figure de la vie économique et médiatique en Tunisie, avait été arrêté pour «entrée illégale» sur le territoire algérien. Une entrée clandestine par voie terrestre, qui aurait eu lieu en juillet de la même année, au moment où les autorités tunisiennes avaient lancé une «opération mains propres».
Ghazi Karoui, homme politique, élu député de la circonscription de Bizerte, et Nabil Karoui, notamment directeur de la chaîne Nasma TV, sont en effet accusés et recherchés par la justice tunisienne pour «blanchiment d’argent» et «évasion fiscale». Détenus qui avaient été placés sous mandat de dépôt le 4 septembre par la justice algérienne suite à leur arrestation pour «entrée illégale», les deux hommes avaient, dans un premier temps, été incarcérés à la prison de Boussouf de Constantine. Le «dossier» et les premières poursuites instruites par le magistrat instructeur du pôle judiciaire de la wilaya de Constante avaient toutefois été transférés à la capitale Alger, le 26 septembre, en même temps que deux autres détenus à la prison d’El Harrach. Quant aux charges retenues, il s’agit des conditions d’entrée sur le sol algérien, ainsi que des éventuelles complicités dont ils auraient bénéficié.
En ce sens, l’annonce de la remise en liberté des deux hommes d’affaires et acteurs de la vie politique tunisienne a, également, été accompagnée hier d’informations faisant état de la «libération» des complices présumés. Ces trois personnes, dont deux commerçants, originaires de la wilaya de Tébessa, sont poursuivies pour des charges liées aux conditions d’entrée des frères Karoui sur le territoire national, mais aussi pour leur «hébergement» dans l’appartement d’un des suspects, situé dans le quartier résidentiel El Arami, au centre-ville de Tébessa. Le dossier, qui serait toujours en cours, retenant en effet l’accusation de «trafic de migrants par bande criminelle organisée».