Les procès reprennent de plus belle pour donner lieu selon toute vraisemblance à un mois de septembre animé au niveau des cours et tribunaux. Sont attendues dès aujourd’hui les affaires impliquant Hamid Melzi, les frères Tahkout et Houda Feraoun.

Par Nadir Kadi
Reporté le 16 août dernier «à la demande des avocats de la défense», le procès de Hamid Melzi, ancien directeur général de l’établissement public Sahel, devrait être lancé aujourd’hui au niveau du Tribunal de Sidi M’hamed. L’ex-responsable de la gestion des résidences d’Etat de Club-des-Pins et Moretti avait, pour rappel, été placé sous mandat de dépôt en mai 2019, dans le contexte des manifestations populaires.
Le prévenu, poursuivi aux côtés des deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, devra répondre à des charges particulièrement lourdes liées à la corruption, notamment «abus de fonction volontaire» à l’effet d’accorder d’indus privilèges en violation des lois et réglementations, mais aussi «conclusion de contrats en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour attribution d’avantages injustifiés à autrui».
En ce sens, après une enquête et une instruction de plus de deux ans, les éléments connus jusque-là montrent un intérêt particulier de la justice au sujet des conditions d’attribution des contrats de réalisation de «chalets» au niveau des deux résidences.
Les faits concerneraient, entre autres, un projet de 380 habitations où Hamid Melzi aurait favorisé une entreprise chinoise, pourtant classée troisième lors de l’appel d’offres. Un choix de l’ancien responsable jugé «suspect», d’autant que le projet n’entrait pas dans la catégorie «d’intérêt national».
La transaction conduite par l’ancien responsable, après avoir «saisi» l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, aurait, en effet, entraîné, selon des sources de presse, une perte de près de trois milliards de dinars au Trésor public.
Par ailleurs, et sans préjuger du lien qui pourrait exister entre les deux dossiers, la justice s’est également interrogée sur l’origine de la «fortune» de l’ancien responsable. Les investigations auraient mis en lumière l’existence d’un compte bancaire, au nom de Hamid Melzi, crédité de près de 80 millions de dinars sans que la moindre justification n’ait été fournie à l’agence CPA de Aïn Benian où il avait été ouvert.
Une somme qui ne constituerait de surcroît qu’une partie de la «fortune» du prévenu. La liste des biens établie par l’enquête montre, selon la même source, plusieurs terrains agricoles à Chéraga et Staoueli, des entreprises, notamment d’import-export au nom de proches, ainsi que des villas et appartements à Alger et à Paris. Ce dernier bien à l’étranger serait à lui seul évalué à près de 160 000 euros.
Pour rappel, la «chute» de Hamid Melzi avait commencé dès le 25 avril 2019, jour où la présidence informait par un simple communiqué de la «fin de fonction» du responsable en tant que Directeur général de l’Etablissement public Sahel. Un prélude à une mise sous mandat de dépôt le 7 mai de la même année, sur ordre du juge d’instruction du Tribunal de Sidi M’hamed.
Et le nom de Hamid Melzi sera encore cité en juillet 2019 lors de l’audition par la Cour Suprême de l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia. «L’affaire Melzi», mais également le dossier Ahmed Mazouz, seront en effet à l’origine de la mise en détention provisoire de l’ancien Premier ministre. <