Prévu hier au Tribunal d’Oran, le procès de Saïd Boudour et du lanceur d’alerte Noureddine Tounsi a été renvoyé à aujourd’hui. Le report a été expliqué par le fait que le Tribunal de Cité Djamel ne dispose de vidéoconférence que les mercredis et que la demande d’extraire les détenus n’a pas été acceptée. Le journaliste Saïd Boudour a été placé pour rappel sous mandat de dépôt lundi 1er mars 2021.
Le Comité national pour la libération des détenus ( CNLD) a souligné que le journaliste Saïd Boudour «a été présenté, le 1er mars 2021, devant le procureur du Tribunal de Fellaoucene d’Oran pour exécution du mandat de dépôt prononcé par la chambre d’accusation (Cour d’Oran)», rappelant que l’accusé «a enregistré et déposé une opposition contre le verdict prononcé à son encontre (condamnation par contumace) et ce en présence de ses avocats Ahmed Mebrek, Farid Khemisti et Messaoud Aït Rahmane». Ces derniers rappellent que Saïd Boudour est poursuivi pour «outrage à corps constitué», «diffamation et début de menaces».
Les accusations évoquant «atteinte au moral des troupes de l’armée, atteinte à l’unité nationale et publications Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national» ont été annulées après requalification des chefs d’accusation.
Avant-hier, un sit-in de solidarité avec Saïd Boudour a été organisé devant la maison de la presse Tahar-Djaout (Alger) par des journalistes et des activistes qui se sont rassemblés pour exprimer leur soutien au journaliste et réclamer «la liberté dans l’exercice du métier de la presse» et «une justice indépendante» dans le traitement des affaires.
Les manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles il était mentionné «la presse n’est pas un crime», «libérez le journaliste Saïd Boudour».