PAR NAZIM B.
Le journaliste Kadi Ihsane, propriétaire des médias électroniques Radio M et Maghreb Emergent, a été placé hier mardi sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction du Tribunal de Sidi M’hamed. Il a été présenté devant le procureur de la République après avoir reçu, la veille, une convocation de la brigade de gendarmerie de Bab Jdid ( Alger). Dans un second temps, le journaliste a reçu au sein des locaux de Radio M, une autre convocation l’informant qu’il devait se rendre immédiatement à la brigade de Gendarmerie en question, en vue d’une présentation devant le procureur de Sidi M’hamed en procédure d’urgence.
Il est poursuivi pour les chefs d’inculpation de «diffusion de fausses informations à même de porter atteinte à l’unité nationale, perturbations des élections, ouverture de la plaie de la tragédie des années 90 et réouverture de dossiers de la tragédie nationale», selon Radio M. En plus de sa mise sous contrôle judiciaire, le journaliste est interdit de sortie du territoire national (ISTN) assorti de la confiscation de son passeport et de l’interdiction de sortie des limites territoriales de la wilaya d’Alger sauf autorisation, a souligné le Comité national pour la libération des détenus ( CNLD).
A noter que la convocation par la gendarmerie suivie de la présentation du journaliste devant le Procureur général a suscité des réactions de désapprobation au sein de la corporation, qui compte déjà un détenu en la personne de Rabah Karèche, correspondant du quotidien Liberté à Tamanrasset. Pour sa part, la journaliste de Radio M, Kenza Khatto, arrêtée vendredi 14 mai dernier à Alger, alors qu’elle couvrait une manifestation du Hirak, a comparu hier devant le procureur de la République après quatre nuits de garde à vue. Il a été par la suite décidé sa comparution immédiate. Après avoir été entendue par la juge, la journaliste de Radio M a eu un malaise et a perdu connaissance, obligeant la magistrate à ordonner son évacuation pour des soins et à suspendre la séance jusqu’au 25 mai prochain. La journaliste y comparaîtra libre après avoir été autorisée à rejoindre son domicile hier. « La journaliste fait face à plusieurs qualifications délictuelles contenues dans le procès-verbal de la police judiciaire, en attendant la décision finale du procureur de la République », a indiqué l’avocate Zoubida Assoul, membre du Collectif de défense de la journaliste. Les charges retenues contre elle sont «atteinte à l’unité nationale », « publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national », « incitation à attroupement non armé », « outrage à corps constitué ». Pour, l’avocate Assoul, « le pouvoir veut juger les journalistes » et « museler la presse »..
Par ailleurs, le Collectif des avocats de la défense de Saïd Boudour, Kaddour Chouicha, Jamila Loukil et les autres poursuivis dans le dossier s’est retiré de l’audience, hier, de la chambre d’accusation près la Cour d’Oran. Le Collectif a dénoncé le fait de « ne pas avoir accès au dossier conformément à l’article 182-3 du code des procédures pénales ». La défense a demandé le report de l’audience à une semaine du fait que le dossier n’a pas été mis à sa disposition. <