Poursuivis pour des actes de «corruption», «trafic d’influence», «blanchiment d’argent», «obtention d’indus avantages», «détournement de fonciers et de concessions» et «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics», les accusés dans «l’affaire» Kouninef ont été condamnés, hier, par le Tribunal de Sidi M’Hamed à des peines allant de 12 à 20 ans de prison.
Des peines lourdes, très proches du réquisitoire du Procureur de la république. Rada Kouninef, qui risquait 18 ans de prison, écope finalement de 16 ans fermes. Ses frères Tarek-Noah et Abdelkader-Karim sont quant à eux condamnés à 15 et 12 ans fermes, en plus du payement d’une amende de 8 millions de dinars chacun et la saisie de leurs biens «à l’intérieur et à l’extérieur du pays», selon le verdict prononcé par la juge. Quant à leur sœur, Souad-Nour, toujours «en fuite» à l’étranger, le tribunal la condamne à 20 ans de prison, avec le lancement d’un mandat d’arrêt international. Les avocats de la défense ont fait savoir qu’ils feraient appel.
Le gérant Keddour Ben Tahar du groupe économique KouGC a également été condamné hier à 8 ans de prison. Les opérations financières «irrégulières» de ses nombreuses filiales ont été, selon les informations présentées par l’accusation, à l’origine de très importantes pertes pour le Trésor public. L’un des principaux axes de l’enquête, relatif aux prêts bancaires attribués au groupe KouGC, avait ainsi révélé «plus de 260 milliards de dinars algériens, dont 186 milliards de dinars dus aux crédits injustifiés octroyés au groupe par des banques publiques, et 75 milliards de dinars aux indus privilèges obtenus par le même groupe». Parmi les institutions financière incriminées dans ces opérations «irrégulières», figurent, selon l’APS, le Fonds national de l’investissement et la Banque de l’agriculture et du Développement rural. A ce propos, il est également à rappeler que le dossier d’accusation de «l’affaire» Kouninef cite de nombreuses complicités au sein des ministères de l’Industrie, de l’Agriculture, des Ressources en eau, de l’Energie et des Télécommunications ainsi que d’autres secteurs, où le groupe KouGC a obtenu des marchés. Ces mis en cause ont été condamnés hier à des peines allant de 18 mois à 3 ans de prison ferme et des amendes allant de 200 000 à 1 million de dinars.
Quant aux avocats des accusés, ils ont fait savoir, hier, à l’issue du verdict qu’ils feraient appel de la décision du Tribunal de Sidi M’hamed. Les prévenus ont nié l’ensemble des accusations portées contre eux. Les trois frères Kouninef, sous mandat de dépôt depuis avril 2019, avaient ainsi clamé leur innocence et demandé à être «jugés dans le respect de la loi». Leurs anciens collaborateurs dans les entreprises filiales du groupe KouGC avaient, eux, affirmé qu’ils «ignoraient» les conditions dans lesquelles les marchés étaient conclus et qu’ils n’étaient «pas au courant de l’existence et du montant des prêts octroyés à certaines filiales du groupe». n