La chambre d’accusation de la Cour d’Alger a rejeté, hier, la demande de remise en liberté provisoire de quatre manifestants arrêtés lors du Hirak, a-t-on appris d’un responsable de l’Association de jeunes RAJ.
Les avocats des détenus ont boycotté la Cour pour protester contre ce qu’ils appellent le parti pris de la justice. Ils estiment que la détention de ces personnes est politique et leur libération ne peut être que politique.
A noter que des dizaines de personnes ont tenu, durant la journée d’hier, un rassemblement devant le siège de la Cour d’Alger pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus d’opinion. Des membres des familles des détenus, des avocats, des militants et associatifs ont participé à cette action qui s’est déroulée dans le calme. Parmi les participants figurent des députés du RCD, dont Saddet Fetta et Athmane Mazouz, ainsi que des responsables du PT et du PST. Des militants de l’association RAJ étaient également présents. Des slogans hostiles au pouvoir et plaidant pour un Etat de droit ont été scandés par les manifestants. Les familles des détenus sont venues de Skikda, Bouira, Béjaïa et Tizi Ouzou pour exiger la libération de leurs enfants, incarcérés pour des raisons politiques. « Nous sommes venus ici pour demander la libération sans condition des détenus et exprimer notre volonté d’édifier un Etat de droit, qui protège les libertés individuelles et collectives », a déclaré Souad Leftissi, sœur d’un détenu, venue de la wilaya de Skikda. Pour rappel, l’Union nationale des ordres des avocats s’est engagée à défendre toutes les personnes arrêtées en raison de leurs opinions politiques. Une initiative saluée par les animateurs du Hirak qui appellent les autres catégories professionnelles de la société à faire de même. Un autre rassemblement sera organisé mercredi prochain, a annoncé Souad Leftissi à la foule. « Je compte appeler à un autre rassemblement mercredi prochain à l’occasion de la comparution de deux autres détenus devant la chambre d’accusations », dit-elle.