La Cour Suprême planchera sous peu sur deux dossiers de corruption très attendus par l’opinion publique nationale, celui de Sonatrach II et de l’Autoroute Est-Ouest. En effet, les dossiers des anciens ministres de l’Energie et des mines et des Travaux publics, respectivement Chakib Khelil et Amar Ghoul ont été transmis hier au conseiller instructeur près la Cour suprême.

Ces deux dossiers, qui ont été transmis hier à la Cour Suprême, et qui ont défrayé la chronique, mettent en cause deux ex-ministres, Chakib Khelil, ancien ministre de l’Energie et des Mines, et Amar Ghoul ex-ministre des Travaux publics. La réouverture de ces deux dossiers, qui seront au centre d’une instruction judiciaire en rapport avec des faits de corruption, risque de révéler au grand jour des pratiques en faux avec les lois et aux antipodes de la législation en matière de conclusion de marchés publics. Il est utile de préciser à cet égard que les dossiers de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines et celui des Travaux publics ont été renvoyés devant le conseiller enquêteur de la Cour suprême, dans le cadre du traitement des affaires de corruption, selon un communiqué publié par le Procureur général, hier. Le communiqué souligne que « dans le cadre des affaires de corruption, deux dossiers ont été reçus dans lesquels deux ordonnances de compétence personnelle ont été émises par le Conseil judiciaire algérien en faveur de la Cour suprême, en raison de la présence de personnes ayant le privilège du litige et ont été renvoyées au conseiller enquêteur, après que de nombreuses accusations ont été portées contre les personnes concernées ». Chakib Khelil est impliqué dans ce qu’on appelle «l’Affaire Sonatrach II ». L’ex-membre du gouvernement sous Bouteflika est accusé d’avoir « accepté et octroyé des avantages indus » ainsi que d’avoir accordé des privilèges injustifiés lors de la signature de contrats et avenants. Dans le même temps, il est poursuivi également pour « avoir obtenu des bénéfices de manières illégale » et « blanchiment d’argent ». S’agissant de l’ancien ministre des Travaux publics, il est mis en cause pour avoir accordé des avantages indus, d’avoir versé des pots-de-vin. Il est, aussi, accusé de «détournement intentionnel et gaspillage de biens et de fonds publics», «influence de l’exploitation» et «conflits d’intérêts». A cet égard, beaucoup s’interrogent si Chakib Khelil aura à répondre à la convocation du juge ou non, puisqu’il est actuellement à l’étranger. Mais, selon des sources judicaires, son avocat a exprimé la disposition de son client à répondre de ses propres actes. A propos d’Amar Ghoul, son dossier constitue l’un des plus grands scandales financiers qui a entaché le régime Bouteflika. En effet, dans l’affaire concernant l’autoroute est-ouest, nos sources expliquent que le magistrat instructeur aura à démêler les choses pour « mettre en lumière la responsabilité du ministre dans l’octroi d’indus avantages à autrui en violation des dispositions législatives et réglementaires ». Tout comme il s’agira pour le magistrat de prouver à travers des faits « l’accusation de corruption dans la passation de marchés publics, la dilapidation volontaire de biens et de fonds publics, l’abus de pouvoir et de conflits d’intérêts dont est mis en cause Ghoul ».<