Après plus de deux ans d’enquête et d’instruction, le procès Hamid Melzi, ex-Directeur général de la résidence d’Etat «Sahel», a finalement abouti à la condamnation de l’ancien responsable à une peine de 5 ans de prison ferme assortie de 8 millions de dinars d’amende.

Par Nadir Kadi
Le verdict prononcé hier matin au niveau du pôle économique et financier près le Tribunal de Sidi M’hamed contre le gestionnaire des «célèbres» et «luxueuses» résidences d’Etat, telles que Club-des-Pins et Moretti, entraîne également les deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, de nouveau condamnés à 6 et 5 ans de prison dans cette «affaire».
En effet, procès d’individus qui met toutefois en avant l’existence de tout un système de corruption et de trafic d’intérêts ; les deux anciens Premiers ministres sous la présidence Bouteflika, déjà impliqués et condamnés dans les dossiers «Tahkout», «Haddad», celui du «groupe Condor», ou encore, pour la gestion du tourisme à Skikda… sont, aujourd’hui, reconnus coupables de complicité avec l’accusé Hamid Melzi. Ce dernier, poursuivi pour une série de charges telles que «abus de fonction volontaire» à l’effet d’accorder d’indus privilèges en violation des lois et réglementations, mais aussi «conclusion de contrats en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour attribution d’avantages injustifiés à autrui», aurait notamment été rendu coupable de favoritisme avec l’aval de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia. Les faits concernent plus précisément un projet de 380 habitations pour les résidences où Hamid Melzi aurait favorisé une entreprise chinoise, pourtant classée troisième lors de l’appel d’offres, entraînant une perte de près de trois milliards de dinars au Trésor public.
Pour rappel, le début de ladite «affaire Melzi» remonte au 25 avril 2019, la présidence informait alors par communiqué la «fin de fonction» du responsable en tant que Directeur général de l’Etablissement public «Sahel». S’en est suivie une mise sous mandat de dépôt le 7 mai de la même année, sur ordre du juge d’instruction du Tribunal de Sidi M’hamed puis, l’audition par la Cour suprême de l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, en juillet 2019. Des sources de presse avaient pour leur part révélé que l’origine de la «fortune» de Hamid Melzi était au centre des interrogations de la justice ; plus de 80 millions de dinars non justifiés auraient, en effet, été «trouvés» lors de l’enquête sur un compte bancaire au nom de l’ancien responsable, au niveau de l’agence CPA de Aïn Benian.
Quant à la complicité de certains membres de la famille de Hamid Melzi, le Tribunal a condamné les fils Melzi, Ahmed, Salim et Mouloud, à des peines de deux ans de prison ferme, toutes assorties d’une amende de 8 millions de dinars. Le quatrième fils de Hamid Melzi, Walid, à quant à lui, écopé d’une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars. Des sanctions lourdes, qui s’ajoutent à de très fortes répercussions sur leurs investissements et entreprises, le Tribunal a en effet ordonné aux sociétés des fils Melzi de s’acquitter d’une amende globale, chiffrée à 32 millions de dinars.
Par ailleurs, il est rapporté que le verdict prononcé hier par le Tribunal de Sidi M’hamed implique également plusieurs hauts fonctionnaires et cadres d’entreprises nationales, notamment l’ex-Directeur d’Air Algérie, Bekhouche Allache, condamné à une amende de 500 000 dinars en plus de deux ans de prison, dont un an avec sursis. L’ex-Directeur général d’Algérie Télécom, Ahmed Choudar, a quant à lui été condamné à un an de prison ferme et une amende de 1 million de dinars. <