C’est aujourd’hui, mercredi 28 novembre 2018, que s’ouvrira le procès en appel des 27 membres de la communauté musulmane des Ahmadis devant la Cour de Béjaïa, après avoir été reporté le 8 du mois en cours, à la demande du collectif des avocats de la défense.

Natifs d’Akbou, d’Ouzellaguen, Seddouk, Sidi Aïch et Kherrata, les 27 adeptes de la secte Ahmadiyya, dont trois femmes, ont été poursuivis, faut-il le rappeler, pour les chefs d’inculpation d’« atteinte aux préceptes de l’islam », « constitution d’association sans agrément » et « collecte de fonds sans autorisation ».
Interpellés le 17 mars 2018, à travers plusieurs localités de la wilaya de Béjaïa, les mis en cause ont reconnu avoir pratiqué la religion musulmane selon la doctrine des Ahmadis et accomplissaient leur prière du vendredi dans le domicile de l’un des fidèles de Seddouk, transformé en un lieu de culte jugé « illégal ».
Jugés en première instance, le 29 mai 2018, par le Tribunal correctionnel d’Akbou, ils ont écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis.
Dans un communiqué diffusé avant-hier, sur sa page facebook, le bureau de la wilaya de Béjaïa de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) réitère son appel à « l’abandon des poursuites judiciaires engagées à l’encontre des 27 Ahmadis », considérant que ce procès est « en flagrante contradiction avec le droit de culte pourtant consacré par le droit national et international ». Les responsables de la LADDH de Béjaïa, qui réaffirment leur « solidarité indéfectible » avec les 27 prévenus, appellent l’ensemble des acteurs politiques et les représentants de la société civile à « une large mobilisation pour la protection des libertés fondamentales de culte, de conscience, d’opinion et d’expression qui sont le noyau des libertés ». Ceci dit, il faudrait donc s’attendre à un rassemblement citoyen, ce matin, devant le Palais de justice de Béjaïa, à la cité Tobbal, en signe de soutien et de solidarité avec les 27 Ahmadis qui sont appelés à comparaître, aujourd’hui, devant le juge.