Le procès de l’homme politique Karim Tabbou, président parti non agréé l’Union démocratique et sociale (UDS), est prévu aujourd’hui au Tribunal de Koléa. Le procès devait avoir lieu le 6 avril dernier avant d’être reporté. Cette décision du report du procès de Karim Tabbou, poursuivi depuis septembre dernier pour «atteinte au moral de l’Armée» a été prononcée à la demande du collectif de défense de l’accusé. Le Parquet de Koléa avait transféré l’affaire au juge d’instruction qui a ordonné, le 11 septembre dernier, sa mise en détention provisoire. Le 25 septembre, la chambre d’accusation de la Cour de Tipasa a ordonné sa mise en liberté et son placement sous contrôle judiciaire, après la poursuite en appel de la décision de sa mise en détention provisoire, par la défense. Il s’agit du procès de sa première arrestation (le 11 septembre 2019) et libéré le 25 septembre par le Tribunal de Koléa, avant son arrestation le 26 septembre et sa mise sous mandat de dépôt par le Tribunal de Sidi M’hamed d’Alger). Karim Tabbou a été condamné lors d’un procès inattendu à un an de prison ferme alors qu’il devait sortir de prison après avoir purgé une peine de six mois de détention. Cette condamnation avait suscité une vive contestation. Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a rappelé que Karim Tabbou a été condamné à «un an de prison dont 6 mois de sursis par le Tribunal de Sidi M’hamed d’Alger puis, à un an de prison ferme lors du procès de la honte de la Cour d’Alger le 23 mars». Un collectif nommé «Comité pour la libération du détenu politique Karim Tabbou» a été constitué. Composé de diverses personnalités, dont des avocats, des journalistes et des universitaires, le comité se donne pour but d’obtenir «la libération immédiate et inconditionnelle de Karim Tabbou» et «exiger condamnation et réparations des dommages et préjudices subis». Le Comité a rappelé que Karim Tabbou a été condamné «en catimini lors du procès en appel à la Cour de Ruisseau d’Alger à un an de prison ferme alors que le Tribunal de Sidi M’hamed l’avait condamné à un an de prison dont 6 mois de sursis (il devait quitter la prison de Koléa le 26 mars dernier)». «Depuis son arrestation le 11 septembre 2019, Karim Tabbou est soumis à un traitement judiciaire d’exception qui bafoue ses droits les plus élémentaires. Un traitement qui enfreint le droit national algérien, mais aussi les conventions internationales de protection des droits humains que l’Etat algérien s’est engagé à respecter. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que Karim Tabbou est victime d’un acharnement judiciaire visant à le briser moralement et physiquement. Il prend la forme d’un châtiment politique aveugle qui suscite notre inquiétude», estime le comité. La famille de Karim Tabbou avait de son côté réagi au dernier procès jugé «expéditif» à la Cour d’Alger, dont la cinquième chambre d’accusation a condamné l’homme politique à 1 an de prison ferme, à deux jours de sa sortie de prison, après avoir été condamné par le Tribunal de Sidi Mhamed à une année de prison dont six mois fermes et six mois avec sursis. Dans un communiqué, la famille de Karim Tabbou a dénoncé le procès le qualifiant de «scandaleux» et réclame «une enquête supervisée par des organes indépendants afin de faire toute la lumière sur ceux qui sont derrière ce traitement inhumain et cruel que subit notre fils depuis le 11 septembre 2019», avait affirmé la famille du détenu.<