Le pôle «économique et financier» de la police judiciaire de la wilaya de Constantine aurait récemment transmis à la justice le dossier et le rapport d’audition de l’ancien Premier ministre et ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui. L’information, rapportée hier par Ennahar, précise que le «dossier» est actuellement au niveau de la Cour suprême. La juridiction aurait par ailleurs donné l’ordre de poursuivre les investigations quant aux actions de l’ancien responsable politique lors de la gestion de plusieurs dossiers de développement et de «grands projets». En ce sens, bien que les informations restent pour le moment très parcellaires, il apparaît toutefois que les auditions de l’ancien ministre de l’Intérieur, entre 2015 et 2019, et dernier Premier ministre du président Bouteflika, ont porté sur des suspicions de fraude dans l’attribution d’assiette foncière industrielle au niveau de la wilaya de Constantine. En ce sens, de possibles accusations de «corruption» pourraient très prochainement être remises par la justice. Les éléments transmis hier par la «source» de l’organe de presse ajoutent en ce sens que le «dossier» Bedoui est en attente d’une saisie par le procureur de la République du pôle économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed. Une étape, sans préjuger de la culpabilité et l’innocence du prévenu, pourrait préfigurer l’ouverture d’une procédure judiciaire dans «les prochaines semaines».
Pour rappel, ancien haut responsable politique jusqu’à sa démission en décembre 2019, le nom de Noureddine Bedoui a déjà été cité dans plusieurs «affaires» traitées par la justice, notamment celles des ex-hommes d’affaires Ali Haddad et Mahieddine Tahkout, mais également en sa qualité d’ancien ministre de l’Intérieur pour sa gestion de l’événement «Constantine, capitale de la culture arabe». Des dossiers qui pourraient rattraper l’ex-responsable qui fut également wali de Constantine entre 2010 et 2013.
Ainsi on apprenait en juin dernier qu’un précédent «dossier préliminaire» du pôle financier et économique de le Sûreté de la ville de Constantine s’était penché sur la gestion du «projet» de la nouvelle aérogare de l’aéroport international Mohamed-Boudiaf. Un dossier qui aurait été marqué par de graves dépassements financiers et des soupçons de «mauvaise gestion» qui cacheraient un probable système d’octroi d’indus avantages et de détournements de fonds publics. n