Les dossiers de justice portant sur les affaires en relation avec l’ancien régime de Bouteflika ont connu, hier, de nouveaux développements et promettent des révélations aussi surprenantes que celles auxquelles l’opinion a eu droit depuis des mois à la suite de l’arrestation d’anciens responsables politiques et d’ex-patrons à cette époque. Le marqueur le plus important de ces développements concerne sans aucun doute l’ancien ambassadeur d’Algérie à Rome et ex-directeur du protocole de l’ancien chef d’Etat démissionnaire. En effet, Mokhtar Reguieg a été déféré, hier, dimanche devant le Tribunal de Sidi M’hamed d’Alger après avoir passé la nuit chez les
enquêteurs de la brigade de gendarmerie de Bab-Djid pour de présumées affaires liées au «trafic d’influence», au «transfert illicite de capitaux vers l’étranger», de «détournement de foncier» et de «financement occulte de campagne électorale». Des charges pour lesquelles vingt-six personnes dont les ex-Premiers ministres Sellal et Ouyahia ainsi que d’anciens ministres et responsables passeront à nouveau, pour certains, devant le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed. Il s’agit entre autres de l’ancien wali d’Oran et ex-ministre des Travaux publics Abdelaghani Zaâlane, de l’ancien wali de Mostaganem et ex-ministre de l’Habitat Abdelwahab Temmar, ainsi que son ancien directeur de Cabinet Mohamed Khebbache. Dans le lot des personnes déférées devant la justice, il y a un grand nom du patronat algérien, bien implanté dans le secteur de l’agro-industrie notamment, l’homme d’affaires et P-DG du groupe Metidji, Hocine Mansour Metidji, ainsi que ses deux fils. Un ancien directeur général de l’Office algérien des céréales (OAIC) Mohamed Belabdi, ainsi qu’un certain nombre de directeurs de banques publiques, sont également convoqués par la justice pour une série d’affaires que certains décrivent déjà comme ayant des «proportions démesurées» et susceptibles de dévoiler de nouveaux scandales auxquels le nom de l’ancien patron de l’ETRHB Ali Haddad, ex-proche du cercle bouteflikien, serait également lié.
Pour rappel, l’ancien diplomate et ex-directeur du protocole de Abdelaziz Bouteflika, Mokhtar Reguieg, a déjà été entendu par la justice militaire dans le dossier concernant Saïd Bouteflika et les anciens généraux Mediene et Tartag. Il est considéré comme un proche de l’ex-chef d’Etat et de son ex-conseiller et frère.