Par : Nadir Kadi.
La Cour d’Alger a rendu hier matin son verdict final dans l’affaire liée à la «corruption» impliquant l’ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi. L’ex-responsable, à la tête du secteur durant près de 12 ans, de juin 2002 à mai 2014, a en effet été condamnée, en appel, à une peine de «4 ans de prison, dont 2 ans et demi ferme» ; une sanction relativement lourde, mais néanmoins inférieure aux demandes du procureur de la République qui avait requis, lors du procès en décembre dernier, une peine de «5 ans de prison ferme». Les poursuites contre l’ancienne ministre ont pour rappel concerné la gestion du secteur de la culture et notamment les conditions d’organisation de certains festivals ; la justice ayant retenu les charges «d’abus de fonction», «octroi d’indus avantages» et «dilapidation de deniers publics».
Nouveau verdict qui condamne également l’ancien président du commissariat chargé des festivals, Abdelhamid Benblidia à une peine de «2 ans de prison ferme», alors qu’il avait été condamné à 4 ans en première instance. Le résultat du procès apparaît en ce sens pour l’ancienne ministre et ses co-accusés comme l’aboutissement d’une longue procédure. En effet, Khalida Toumi, jugée et condamnée en première instance, en avril 2022 par le tribunal de Sidi M’Hamed, à une peine de «6 ans de prison ferme» en plus d’une forte amende de 200 000 dinars, avait introduit un premier appel aboutissant en juillet à une réduction de la sentence à «quatre ans de prison». Une décision contre laquelle ses avocats avaient déposé un pourvoi en cassation devant la Cour Suprême ; et cette dernière avait répondu favorablement à la demande en décembre dernier en ordonnant un nouveau procès face aux juges de la Cour d’Alger «autrement composée». Quant aux actes de corruption reprochés par la justice contre les deux accusés, ainsi qu’à l’encontre de l’ancien directeur de la culture pour Tlemcen M. H., la procédure avait pour rappel établi qu’ils avaient notamment eu lieu lors de l’organisation des manifestations «Alger, capitale de la culture arabe» en 2007, «le Festival panafricain» en 2009 ainsi que lors de la manifestation «Tlemcen capitale de la culture islamique» de 2011.
Par ailleurs, il est également à souligner que la détention de l’ancienne ministre de la culture Khalida Toumi à la prison de Koléa avait pris fin en juillet 2022, après 32 mois d’incarcération. Les avocats de l’ex responsable, placée sous mandat de dépôt dès le mois de novembre 2019 – suites aux enquêtes anti-corruption lancées contre plusieurs personnalités de la présidence Bouteflika – avaient en effet demandé à plusieurs reprises et finalement obtenu une mesure de «liberté conditionnelle» en faveur de leur cliente. <