Le procès du militant politique, Karim Tabbou, qui devait se tenir hier au tribunal de Koléa, a été reporté une nouvelle fois, à la demande du collectif de défense de l’accusé.
Le procès pour lequel Karim Tabbou est poursuivi, depuis septembre dernier, pour «atteinte au moral de l’Armée», enregistre ainsi son troisième report pour être désormais programmé le 29 juin. «Il s’agit du procès dans sa première arrestation (arrêté le 11 septembre 2019 et libéré le 25 septembre par le tribunal de Kolea, avant son arrestation le 26 septembre et sa mise sous mandat de dépôt par le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger)», précise le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).
Hier au tribunal de Koléa et comme lors du rendez-vous du 26 avril, le collectif de défense a exprimé son refus d’un jugement à distance, mesure décidée par les autorités judiciaires au titre des mesures visant à freiner la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19) à travers la suspension de la sortie des détenus des prisons pour assister aux audiences.
Comme les conditions n’ont pas changé, les avocats de Tabbou ont évoqué l’impossibilité de tenir ce procès dans les conditions actuelles de confinement sanitaire, ajoutant que le collectif de la défense refuse que le procès se déroule par visioconférence.
A la veille de ce rendez-vous du 1er juin, c’est le comité «Sauvons Karim Tabbou» qui est monté au créneau pour dénoncer «les poursuites judiciaires à l’encontre de Karim Tabbou» en détention depuis plusieurs mois tout en s’indignant sur le fait que le militant soit jugé dans deux procès pour «les mêmes faits». «Nous rappelons qu’il est poursuivi dans deux affaires» pour les mêmes chefs d’inculpation en contradiction avec les conventions internationales et avec le code de procédures pénales qui stipule, écrit le comité, que «toute personne ne peut être poursuivie, jugée ou punie, deux fois, à raison des mêmes faits, même pris sous une qualification différente».
«Déjà condamné le 24 mars 2020 à un an de prison ferme dans la deuxième affaire lors d’un procès scandaleux (sans plaidoiries et en l’absence de l’inculpé), d’un point de vue du droit national et international, il ne peut pas être poursuivi et encore moins condamné une deuxième fois», soutient le comité dans une déclaration publique.
«Tout porte à croire que dans ce dossier, la législation nationale et les conventions internationales ratifiées par l’État algérien ont été ignorées et tous les droits de Karim Tabbou bafoués», poursuit la même source, qui pointe «un acharnement judiciaire» contre le détenu depuis son arrestation.
Au milieu de la semaine écoulée, c’est le collectif de défense du militant politique qui a dénoncé le fait que Tabbou ne soit ( plus) autorisé à passer des appels téléphoniques «comme la plupart des détenus depuis la propagation du coronavirus et l’interdiction des visites familiales pour des raisons préventives». Une accusation à laquelle a réagi la Cour de Tipasa en expliquant que «Karim Tabou a volontairement refusé d’effectuer un appel téléphonique avec un membre de sa famille, en dépit de l’accord, qui lui a été signifié par les autorités judiciaires compétentes, suite à une demande qu’il avait exprimée précédemment».