PAR NAZIM B.
Une peine de huit ans de prison ferme a été requise, hier, contre l’ancienne ministre de la Poste et des Télécommunications Houda Imane Faraoun, par le procureur de la République du pôle pénal financier et économique près le tribunal Sidi M’hamed. Même peine contre l’ancien Directeur général d’Algérie Télécom, Tayeb Kebbal, poursuivi, également, pour «corruption, dilapidation de deniers publics, octroi d’indus avantages et abus de fonction».
Houda Faraoun, ministre de juin 2015 à janvier 2020, n’a pas été reconduite dans l’Exécutif de Djerad. Trois jours plus tard, elle est entendue par la gendarmerie. Le 28 juin 2020, elle est entendue par le conseiller enquêteur de la Cour suprême dans le cadre de l’enquête de corruption impliquant les frères Kouninef. Elle est placée en détention provisoire le 8 décembre 2020.
Le Procureur de la République a également requis 6 ans de prison contre l’accusé Berrani Sid-Ahmed, président de la commission des marchés d’Algérie Télécom, et 4 ans de prison contre le reste des accusés, dont l’ancien vice-Président-Directeur général d’Algérie Télécom, Ahmed Choudar, et des membres de cette commission ainsi que son secrétaire technique. Le procureur a aussi demandé 5 ans d’inéligibilité à l’encontre de tous les accusés. Il a, par ailleurs, requis une amende de 5 millions de DA contre les sociétés Huawei et ZTE avec la confiscation du solde des comptes bancaires et postaux et de tous les biens saisis sur ordre du juge d’instruction du Tribunal de Sidi M’hamed.
A l’ouverture du procès, lundi, Houda Faraoun a déclaré qu’elle «travaillait dans le cadre du programme du Gouvernement dans son volet relatif au renforcement des investissements liés aux nouvelles technologies» comme la mise en place de la fibre optique. Elle a nié être «intervenue» auprès d’Algérie Télécom pour conclure une transaction de gré à gré avec Huawei, soulignant que son intervention était dans les limites de «ses prérogatives» en tant que ministre. Elle a également révélé qu’elle «intervenait» afin d’accélérer la délivrance d’autorisations pour les projets approuvés par l’Etat dans le secteur. Kebbal Tayeb, lui, a également nié les charges retenues contre lui en déclarant que Algérie Télécom «était contrainte de traiter avec Huawei afin d’accélérer la mise en œuvre des projets, précisant que l’opérateur public «a traité avec Huawei de 2007 à 2016».
Le représentant du Trésor public a exigé 39 milliards de dinars à titre d’indemnités des deux sociétés Huawei et ZTE, ainsi qu’une indemnité de 1 million de DA à verser par chaque accusé et une indemnité de 100 000 DA à la charge de l’ancienne ministre. Le procès, qui a débuté lundi, s’est poursuivi dans l’après-midi avec les plaidoiries de la défense des accusés.
A noter que ce procès était initialement prévu pour le 20 septembre dernier, mais avait été reporté à la demande de la défense.