PAR NAZIM BRAHIMI
Plusieurs procès prévus pour la journée d’hier ont été reportés suite à la grève qu’observent les avocats depuis maintenant une semaine, un débrayage qui continue de paralyser cours et tribunaux. La situation ne semble pas moins contrarier aussi bien les concernés directs et leurs familles.
Ces reports en série doivent visiblement inciter les pouvoirs publics à ouvrir les possibilités de solution pour le débrayage des avocats et permettre le déroulement des procès en attente. C’est le cas du procès en appel de l’ancien chef de la police, Abdelghani Hamel, renvoyé par le tribunal de Boumerdès au 9 février prochain. En plus de l’ex-directeur de la Sûreté nationale, le procès implique également son fils et d’anciens walis et ex-cadres de la wilaya de Tipasa poursuivis pour « détournement de foncier agricole » et « trafic d’influence ».
Le report du procès dans cette affaire, rouverte après un pourvoi en cassation interjeté auprès de la Cour suprême, intervient à la demande des accusés, qui ont avancé l’absence du collectif de défense, en grève depuis une semaine. Après avoir été reporté plusieurs fois, le procès a été inscrit au rôle une première fois le 22 septembre dernier, avant d’être reporté successivement au 27 octobre dernier, puis au 24 novembre, au 15 décembre et au 19 janvier, soit pour la journée d’hier, et désormais pour être de nouveau reporté pour le 9 février prochain.
Dans cette affaire, le Tribunal de première instance de Boumerdès avait rendu, le 4 juin 2020, son verdict dans cette affaire, en condamnant l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel et l’ancien wali de Tipasa, Moussa Ghelai, à 12 ans de prison ferme. Les accusés dans cette affaire sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment « détournement de foncier agricole », « abus de fonction », « trafic d’influence » et « bénéfice du pouvoir et de l’influence des agents de l’Etat à l’effet d’augmenter les prix et modifier la qualité des matériaux, des services et des délais de livraison ».
L’autre procès en appel, qui vient lui aussi d’être reporté, est celui de l’ancienne ministre des Télécommunications Houda Feraoun, qui devait se dérouler à la Cour d’Alger, mais qui a été renvoyé au 2 février pour le même motif. Le report intervient à la demande de Houda Feraoun en raison de la grève ouverte observée par l’Union nationale des Ordres des avocats (Unoa), ont souligné, sur place, les avocats de l’ancienne ministre.
L’ancienne ministre Feraoun et plusieurs cadres sont poursuivis pour dilapidation de deniers publics, octroi d’indus privilèges et abus de fonction. En première instance, le Tribunal de Sidi M’hamed avait condamné l’ancienne ministre de la Poste et des Télécommunications à 3 ans de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 DA.
Pour la même raison, le Tribunal de Sidi M’hamed a décidé du report au 26 janvier du procès des accusés dans l’affaire du groupe Benamor sur laquelle devait se pencher le Pôle pénal économique et financier. Ce procès avait déjà fait l’objet d’un report à la demande du collectif de défense. Sont poursuivis dans cette affaire les propriétaires du groupe ainsi qu’une vingtaine d’accusés, dont les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, pour dilapidation de deniers publics, blanchiment d’argent, obtention d’indus privilèges et exploitation illégale de terres agricoles.
Le Pôle pénal a également décidé de reporter au 26 janvier le procès de l’ancien wali de Médéa, Mustapha Layadi, poursuivi dans une autre affaire pour octroi de biens fonciers de manière illégale. Le procès de l’ancienne ministre de la Culture, Khalida Toumi, prévu aujourd’hui après plus de deux années d’attente, aura-t-il lieu ou connaîtra-t-il le même sort que ceux renvoyés à cause de la grève des robes noires ?