Toute une délégation de parlementaires du FFS, dont un ancien premier secrétaire du parti, et d’avocats de plusieurs barreaux, s’est déplacée mardi à Ghardaïa pour soutenir et défendre les cinq militants de la fédération du Front des forces socialistes de Ghardaïa, accusés de faits très graves, à savoir « tentative de renverser le régime», « incitation à prendre les armes», «incitation à la violence et à la haine».

Composée de Mohamed Nebbou, ex-premier secrétaire du FFS d’août 2014 à mai 2016 et député d’Alger, Chafaâ Bouaïche, député de Béjaïa, Baya Djemane, députée de Béjaïa, Noureddine Berkaïne, député de Tizi Ouzou, des Maîtres Fouad Betka, du barreau de Sétif, Rabah Tounsi, du barreau de Tizi Ouzou, de Kaci Dalila du barreau de Ouargla, d’Abdelhak Mellah, du barreau de Boumerdès, et de Nouredine Ahmine, du barreau de Laghouat, la délégation réunie au siège de la fédération du Front des forces socialistes de Ghardaïa a organisé un point de presse où, tour à tour, Hamou Mesbah, secrétaire national chargé de la solidarité, Mohamed Nebbou, Chafâa Bouaiche et Noureddine Ahmine, ont rejeté avec véhémence toutes les accusations portées contre les cinq militants : « À la veille des prochaines échéances électorales, le pouvoir organise contre nos militants une cabale judiciaire qui ne repose sur aucune preuve. Nos militants sont des gens qui ont, au contraire, contribué activement à l’apaisement. » Ajoutant : « Pour cela, nous utiliserons tous les moyens légaux et pacifiques pour la défense de nos militants qui n’ont absolument rien à se reprocher. Nous irons jusqu’au bout et nous n’aurons de cesse à exiger l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires et la levée de toute mesure visant à astreindre la liberté de nos militants. » De son côté, le fédéral du FFS de Ghardaïa et néanmoins secrétaire national chargé de la solidarité, Hamou Mesbah, s’étonne du timing de ces accusations.
« Les évènements ont commencé le 22 novembre 2013, pourquoi tout ce temps pour s’apercevoir qu’on a été en marge de la loi ? Non, tout cela est bien monté pour nous dresser des obstacles lors des prochaines élections législatives. Car, qu’on se le dise, le FFS a élargi son assise populaire à Ghardaïa et c’est ce qui dérange.
Dans cette région, le FFS dérange beaucoup d’intérêts. D’ailleurs, je me pose la question où étaient les élus des autres partis pendant la crise ? Seul le FFS est demeuré sur le terrain par le biais de la cellule de coordination et de suivi qui a fait un travail remarquable dans le sens de l’apaisement et du retour à la quiétude. » Vers 14 heures, destination : l’imposante Cour de Ghardaïa, sur les hauteurs de la Vieille ville. Après un bref instant, c’est le soulagement ou du moins à moitié.
L’appel du parquet est rejeté, les cinq militants restent astreints au contrôle judiciaire. «On ne pouvait pas espérer mieux, pour l’instant », lâche Noureddine Ahmine. Et d’ajouter : « Nous allons maintenant concentrer nos efforts pour faire abandonner toutes les poursuites contre nos militants. C’est la prochaine étape. » Pour rappel, le 19 décembre 2016, sur ordonnance du juge d’instruction près la cour de Ghardaïa, la chambre d’accusation du tribunal de la ville de Ghardaïa avait placé sous contrôle judiciaire cinq militants du FFS, dont Hamou Mesbah, secrétaire national chargé de la solidarité. Les avocats des cinq prévenus, Hamou Mesbah, secrétaire national chargé de la solidarité, Baba Oumoussa Bahmed, membre du conseil national du FFS, Khodir Babaz, membre du conseil national du FFS, Omar Bouhedjiba, militant du parti, et Dadi Nounou Noureddine, militant associatif et membre du comité de coordination et de suivi des événements de Ghardaïa, ont qualifié cet acte d’absurde, car la chambre d’accusation s’est appuyée sur des commentaires et des publications sur une page Facebook.
Accusant la mafia du foncier d’être derrière cette cabale, Hamou Mesbah la désigne comme « un lobby puissant dans la région, qui tire les ficelles et qui cherche à nous faire taire », il rejette toutes les accusations. «Nous sommes des gens de paix, jamais nous n’avons incité à la violence, ce n’est pas dans notre culture. Notre tort est d’avoir osé dire non à la déstabilisation de Ghardaïa. » Avec cette décision du juge d’instruction de maintenir le contrôle judiciaire pour les cinq militants, il est évident que le feuilleton judiciaire n’est, pour ainsi dire, pas clos.