Dans une conjoncture politique difficile, le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati continue son action de renouvellement des instances judiciaires, maintenant la cadence de la lutte contre la corruption et ses différentes sources.

Les groupes criminels trouvant refuge dans le blanchiment d’argent en «créant des liens fonctionnels avec les foyers de corruption insérés dans le tissu social et institutionnel» sont particulièrement fustigés. Profitant de sa présence à Ouargla, le ministre de la Justice a maintenu son cap insistant sur l’impératif de mobiliser l’ensemble des mécanismes de prévention et de coercition face à la criminalité, sous toutes ses formes, notamment dans les régions du Sud et les zones frontalières. Le rôle central des magistrats est rappelé avec force, encore une fois, dans la construction d’un système judiciaire probe et équitable. Les décisions judiciaires et la personnalité du juge qui «constituent deux faces d’une même pièce qui ne peuvent être séparées, alors que les décisions judiciaires sont l’empreinte génétique du juge», sont encore une fois rappelées comme autant de conditions pour une justice plus agissante. En plaidant pour «la mobilisation de tous les mécanismes de prévention et de coercition face à la criminalité, sous toutes ses formes, et ce, dans le cadre du respect des droits et des libertés, notamment le droit à un procès équitable», Zeghmati semble appeler à mobiliser tous les moyens pour lutter contre la criminalité tout en respectant la présomption d’innocence. L’insistance du garde des Sceaux sur la mise à niveau des différentes structures judicaires à travers le territoire national face à l’acte délictueux exprime à l’évidence une volonté manifeste de mettre en place une justice efficace quel que soit le lieu géographique. Les juridictions à compétence territoriale élargie, le ministre a souligné leur rôle capital en matière de lutte contre les différentes formes de criminalité, à l’image de la contrebande, dont souffre le pays particulièrement dans les régions du sud et les zones frontalières. Le ministre de la Justice, qui semble avoir fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, rappelle encore une fois que ce phénomène contribue à alimenter les périls transfrontaliers. La corruption constitue un facteur de nourriture de l’activité de la contrebande et de «la propagation du fléau du trafic et de la consommation de drogue et d’autres crimes graves alimentés et nourris par la corruption». Les dangers du trafic de drogue sont, notamment à travers les tentatives d’introduction de ces substances en grande quantité sur le territoire national, une réalité à combattre à la source. Un péril qui menace la santé des générations futures et même la stabilité du pays. Il devient aujourd’hui impératif, pour le premier responsable su secteur, de doter les juridictions des prérogatives plus larges en matière de gestion des enquêtes pour y faire face. Ainsi que renforcer leurs composantes par des magistrats compétents dans les domaines en relation avec les différents aspects de la criminalité. Et pour matérialiser cet objectif, il devient impératif, plaide-t-il, d’introduire des amendements au Code de procédure pénale.