Par Nadir Kadi
L’ancienne ministre de l’Industrie, Djamila Tamazirt, placée en détention provisoire en janvier dernier, devrait prochainement répondre de plusieurs affaires liées à la « corruption » et au « trafic d’influence », a révélé le quotidien arabophone Echorouk.
Le dossier ouvert par le pôle financier du Tribunal de Sidi M’hamed contre l’ancienne responsable du gouvernement Bedoui concernerait plus précisément son implication supposée dans le « détournement de deniers publics et octroi d’indus avantages au groupe industriel Amenhyd », mais aussi dans deux autres affaires liées à l’investissement dans le secteur de l’agroalimentaire. Les charges retenues par la justice dans le cadre de la « loi de prévention et de lutte contre la corruption » sont passibles de peines particulièrement lourdes, pouvant aller à un maximum de 15 ans de prison.
En effet, ancienne ministre de l’Industrie d’avril 2019 à janvier 2020, la première et plus importante affaire dans laquelle le nom de Djamila Tamazirt serait cité est le dossier du complexe « Amenhyd SPA », propriété des frères Chalghoum. L’ancienne ministre aurait en ce sens accordé à l’entreprise « d’indus avantages », une « dilapidation » de fonds publics, qui auraient permis aux propriétaires de l’entreprise de finaliser la réalisation d’une usine agroalimentaire commune avec le complexe Riyad de Corso. Une entreprise où elle fut Directrice générale avant sa nomination à la tête du ministère. Et dans ce contexte, la même source ajoute que plusieurs anciens cadres du ministère de l’Industrie, mais aussi de la Banque d’Algérie seraient poursuivis par la justice.
Quant aux « autres » dossiers, il s’agirait notamment du transfert illégal de blé au profit de semouleries privées et au détriment de l’Office des céréales. Un « important » dossier de corruption ou pas moins de sept anciens ministres seraient cités Ainsi sans plus de détails pour le moment, il est expliqué que la justice poursuivrait également l’ancienne ministre de l’Industrie, au côté de 26 prévenus « dont 7 ministres », dans une affaire qui établit des liens suspects avec un « homme d’affaires propriétaire d’un complexe industriel ». n