Le procès du journaliste Khaled Drareni, en détention depuis quatre mois, est programmé pour le 3 août prochain au Tribunal de Sidi M’hamed, a annoncé hier un des avocats du collectif de défense, Maître Abdelghani Badi.
Arrêté, avec deux autres militants, le 7 mars lors d’une marche à Alger, Drareni a été présenté le 10 du même mois devant le juge et mis sous contrôle judiciaire et les deux militants placés en détention provisoire. Par la suite, et en date du 28 mars, le contrôle judiciaire de Khaled Drareni a été annulé en appel et placé en détention provisoire. D’autres détenus, comme Slimane Hamitouche et Samir Benlarbi ont bénéficié, jeudi 2 juillet, d’une remise en liberté provisoire, alors que le journaliste a été gardé en prison, ce qui a suscité aussi bien l’étonnement et l’indignation des avocats et des confrères du journaliste.
«Tous les trois ont les mêmes chefs d’accusation. On ne comprend pas que Drareni soit maintenu en détention. Ça s’est passé dans la précipitation, donc nous n’avons pas encore pris connaissance de l’ordonnance pour voir quelle est la motivation du juge, son explication quant au maintien de Drareni en détention et la libération des deux autres», avait déclaré l’avocate et cheffe politique, Zoubida Assoul. Pour moi, «si la loi devait s’appliquer, Khaled Drareni serait dehors. De plus, il n’a fait que son travail de journaliste», avait-t-elle ajouté.
La programmation officielle de son procès met ainsi fin à ce que d’autres avocats du même collectif avaient qualifié de «discrimination» par rapport à d’autres activistes libérés, alors qu’ils avaient été arrêtés dans les mêmes circonstances que Drareni et poursuivis pour des accusations identiques. Le dossier de Drareni a connu par la suite du nouveau avec son envoi, le 6 juillet, à la chambre correctionnelle après la fin de l’instruction au niveau du Tribunal de Sidi M’hamed.
«Le juge d’instruction a terminé son travail et transféré le dossier au Parquet pour la programmation du procès», avait indiqué l’avocat Abdelghani Badi, expliquant que «l’inscription de l’affaire pour être jugée doit se faire dans un délai maximum de 20 jours à partir de la date du renvoi du dossier devant le tribunal correctionnel». «Mais le procès peut être programmé avant, dans deux ou trois jours par exemple, voire demain. S’ils ont une bonne intention, ils programment le dossier rapidement.» Dans tous les cas, le procès qui devait se tenir avant le 30 juillet, avant les vacances judiciaires, aura finalement lieu le 3 août. «Le juge de siège peut prononcer une mise en liberté provisoire avec report du jugement comme cela a été fait pour Amira Bouraoui», soutient l’avocat. Mais c’est à voir le jour du jugement.
Dans une récente déclaration, le président Tebboune a indiqué qu’il était «possible de libérer d’autres personnes car l’Algérie va vers une période qui nécessite l’effort de tous les Algériennes et les Algériens», mettant l’accent sur «un climat plus apaisé qui permette d’aller vers les changements, notamment la Constitution».