Les tribunaux ont annoncé, hier, diverses décisions entre des requis et des reports dans des affaires impliquant des accusés poursuivis pour différents chefs d’inculpation en lien avec des manifestations publiques. C’est ainsi qu’une peine de 5 ans de prison ferme a été requise par le Parquet du Tribunal de Sétif à l’encontre du détenu d’opinion Walid Kechida, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).
La même source souligne que Kechida est en prison depuis le 27 avril dernier, précisant que sa demande de liberté provisoire a été rejetée le 24 août dernier et sa détention a été prolongée pour quatre mois supplémentaires à compter du 27 août. Une amende de 500 000 dinars a également été retenue contre l’accusé alors que le verdict est attendu pour le 4 janvier 2021.
Par ailleurs, dans la capitale de l’Ouest, Oran, le Parquet du Tribunal de Fillaoucen a requis six mois de prison ferme à l’encontre de quatorze citoyens accusés d’«attroupement non armé» et de «trouble à l’ordre public». Rappelant que le procès était programmé le 26 octobre dernier, le CNLD souligne que l’audition tenue hier s’est déroulée sans que les concernés ni leurs avocats ne soient informés. La même source ajoute que le verdict dans cette affaire est attendu pour le 18 janvier prochain.
Pour sa part, le Tribunal d’Annaba a renvoyé un des procès du journaliste Mustapha Bendjama à une date ultérieure. A Alger, le Tribunal de Sidi M’hamed a rendu son verdict dans le procès impliquant Wafi Tigrine, Lamouri Belamidi, Toufik Hellati, Rabah Mahrouche, Hakim Mouhoubi, Sid-Ahmed Bouarissa et Abdelkader Racelma. Les accusés ont été condamnés à 20 000 DA d’amende pour port de pancartes et banderoles alors que l’accusation «d’attroupement non armé» a été abandonnée. Le Procureur avait requis, faut-il le rappeler, un an de prison ferme et 50 000 DA d’amende à leur encontre lors du procès le 30 novembre. Pour rappel, ils ont été arrêtés le vendredi 13 septembre 2019 et placés sous mandat de dépôt le 15 septembre. Ils sont en liberté provisoire depuis le 2 janvier dernier et accusés d’atteinte à l’intégrité du territoire national (Article 79 du code pénal) et d’atteinte à l’intérêt national (Article 96 du code pénal).
La Cour de Ruisseau a renvoyé, quant à elle, au 18 janvier prochain, le verdict dans le procès en appel du détenu Mohamed Amine Belmokhtar qui a eu lieu le 14 décembre 2020 après le renvoi du 7 décembre. Le Parquet a requis 3 ans de prison ferme et 50 000 DA d’amende. Mohamed Amine Belmokhtar a été arrêté lors de la marche du 5 octobre à Alger et présenté en comparution immédiate le 7 octobre, avec d’autres manifestants. A Tizi Ouzou, le Tribunal de Draâ El Mizan a renvoyé au 4 janvier le procès de 8 manifestants poursuivis pour «atteinte à l’ordre public». A Bordj Bou-Arréridj, le Parquet a requis 3 ans de prison ferme assortis d’une amende de 300 000 DA à l’encontre du détenu Hassan Zebiri, programmant le verdict pour le 27 décembre en cours.