Condamné dans plusieurs affaires depuis sa déchéance, l’ancien patron de la Police nationale, Abdelghani Hamel, a bénéficié hier de l’acquittement dans l’affaire «d’abus de fonction» qui a été traitée par le tribunal de Blida. Noureddine Berrachedi, ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger, poursuivi dans la même affaire, a bénéficié également de l’acquittement. Cette décision permet ainsi à Berrachedi de sortir de prison. Ce n’est pas le cas de l’ancien chef de la police poursuivi et condamné dans d’autres affaires.

PAR NAZIM B.
Il s’agit du verdict définitif après l’appel introduit auprès de la Cour suprême qui a accordé le pourvoi en cassation et renvoyé l’affaire auprès de la Cour de Blida.
Le Parquet général près la Cour de Blida a requis, le 26 octobre dernier, une peine de 7 ans de prison ferme contre les deux accusés, assortie d’une amende de 500 000 DA et subsidiairement la confirmation de la précédente peine en appel les condamnant à une peine de 4 ans de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA chacun.
Le procès, faut-il le rappeler, a été ajourné à deux reprises, la première fois pour la fin septembre dernier, pour absence de témoins, notamment l’ancien ministre, Tayeb Louh, et la deuxième fois au 10 octobre, suite à l’absence des deux principaux témoins dans cette affaire, en l’occurrence Kamel Chikhi, dit «El Bouchi» emprisonné pour son implication dans d’autres affaires, et Tayeb Louh, dont le procès avait lieu (10 octobre) au tribunal de Dar el Beïda.
L’affaire suscitée parallèlement à celle de trafic de cocaïne dans laquelle est impliqué Kamel Chikhi remonte à la poursuite par l’ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger, Berrachedi de l’enquête sur le dossier de blanchiment de fonds publics d’une valeur de 125 000 millions de dinars et le financement de groupes terroristes, impliquant Kamel Chikhi après sa présentation (dossier) devant le procureur de la République, un acte contraire aux lois en vigueur.
Pendant l’enquête, l’ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger a demandé des informations sur les bénéficiaires de logements de promotion immobilière appartenant à Chikhi dans le but d’obtenir des noms importants, selon le procès, et ce, sans commission rogatoire, ce qui est contraire à la loi. Dans ses réponses au juge, Berrachedi a justifié son acte par des «ordres qu’ils auraient reçus de l’ancien DGSN Abdelghani Hamel, mais que ce dernier a rejeté à nouveau devant le tribunal».
Selon l’arrêt de renvoi, l’ancien chef de la Sûreté de wilaya d’Alger poursuit les investigations dans une affaire de blanchiment de fonds publics d’une valeur de 125 millions DA, et de financement de groupes terroristes, dans laquelle est accusé Kamel Chikhi après son renvoi devant le procureur de la République.
Pour leur part, les témoins, l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, et Kamel Chikhi dit «El Bouchi», et l’ancien chef de la Police judiciaire de la Sûreté d’Alger, Sidhoum Hassan, ont maintenu les mêmes témoignages que lors des précédentes audiences. Les accusés et leur défense ont longtemps plaidé leur innocence devant la présidente de l’audience l’exhortant à les acquitter. Ce qui est désormais fait depuis la délibération d’hier.

Deux procès en appel dès la semaine prochaine
Abdelghani Hamel a rendez-vous avec la justice le 17 novembre devant la Cour d’Alger où se déroulera le procès en appel dans l’autre affaire où sont impliqués également des membres de sa famille. L’affaire a été réinscrite au rôle suite à la décision de la Cour suprême qui a accepté le pourvoi en cassation introduit dans les arrêts rendus par la Cour d’Alger en août 2020. L’ancien DGSN Hamel, son épouse et ses quatre enfants sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, dont «blanchiment d’argent», «enrichissement illicite», «trafic d’influence» et «acquisition d’assiettes foncières par des moyens illégaux». Sont également poursuivis dans cette affaire les deux anciens walis d’Oran, Abdelmalek Boudiaf et Abdelghani Zaalane, l’ancien wali de Tipasa, Ghellaï Moussa, l’ancien wali de Tlemcen, Bensebane Zoubir, ainsi que l’ancien Directeur général de l’Office de promotion et de gestion immobilière d’Hussein Dey (OPGI), Mohamed Rehaimia.
Il faut noter que la Cour d’Alger avait condamné Abdelghani Hamel à 12 ans de prison ferme, tandis que ses enfants ont écopé de peines allant de 5 à 8 ans de prison ferme.
Cela ne marquera pas la fin des affaires de justice pour Hamel, attendu le 24 novembre à la Cour de Boumerdès dans le procès en appel qui concerne également son fils, d’anciens walis et d’ex-responsables de la wilaya de Tipasa, poursuivis dans une affaire de «détournement de foncier agricole» et «d’abus de pouvoir». <